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Un article de Alain Raynal paru dans l’Humanité du 14 octobre 2005

Pechiney Lannemezan : le scénario d’une mort programmée

vendredi 14 octobre 2005 par Alain Raynal
Lors d’un comité central d’entreprise, la direction d’Alcan a annoncé qu’elle cesserait tout entretien des cuves d’électrolyse à partir de juin 2006.

Sale journée, hier, sur le plateau de Lannemezan au pied des Pyrénées. Et non seulement parce qu’un interminable crachin pose sa chape grisâtre sur toute la région. Lors de la réunion du comité central d’entreprise (CCE) qui se tenait en tout début de matinée à Orly, la

direction d’Alcan France a annoncé l’arrêt de l’entretien des cuves d’électrolyse à - partir du 1er juin 2006 sur

le site historique Pechiney

qui - produit chaque année 45 000 tonnes d’aluminium de haute qualité. Réaction unanime des syndicalistes et des personnels tous en grève

depuis l’équipe du matin 4 heures : c’est la mort programmée à court terme de l’usine pyrénéenne qui produit cet utile métal depuis 1939. Il y a une quinzaine de jours, l’une des dirigeantes du géant mondial avait déclaré à une délégation de parlementaires haut-pyrénéens que Pechiney Lannemezan fermerait à la fin de l’année 2007. Cette date couperet n’est pas reprise en CCE, mais l’arrêt des « ébrasquages », c’est-à-dire du remplacement successif des garnitures de protection des 180 cuves travaillant en série, conduit à la même finalité. « Cela veut dire qu’au bout de six mois, ils nous obligeront à fermer l’électrolyse, ils ont décidé de nous tuer techniquement, c’est insupportable », ne décolère pas Henri Cazes, représentant CGT au comité d’entreprise. Pour René Salomon, élu CFDT, « Alcan n’applique qu’une politique, celle de ses actionnaires qui ne voient que le profit à court terme ». Son collègue, Henri Milon, peste d’autant plus que les efforts des salariés ont redoublé ces dernières années pour améliorer les techniques de production et diminuer fortement les émissions dans l’environnement de gaz à effet de serre. Aucune raison économique ne peut justifier la décision d’Alcan, insiste Régis Carbone, délégué syndical CGT. L’usine de Lannemezan a totalisé, chiffres confirmés par la direction en CE, 45 millions d’euros de bénéfices ces cinq dernières années. Six millions en prévision pour la seule année 2005. D’autre part, une expertise du cabinet Secafi démontre la viabilité du site. « Alcan ne veut plus de production d’aluminium en France et en Europe, c’est cela le fond, alors que la France et l’Europe sont largement déficitaires par rapport aux besoins », dénonce un jeune intérimaire. Ils sont une soixantaine à travailler à côté des 260 salariés Pechiney.

En début d’après-midi, la population, les élus, des commerçants, des artisans rejoignent les salariés pour un rassemblement commun devant les portes de l’usine, alors que doit se tenir sur le site une réunion du comité d’entreprise. « Produire et non détruire. Moderniser pour développer l’emploi en Midi-Pyrénées », peut-on lire sur la banderole intersyndicale accrochée sur les grilles de l’usine.

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