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VINCENT LONCHAMPT | Libération le 06.08.2008

Perrier : imbroglio autour du licenciement d’un syndicaliste

jeudi 7 août 2008 par VINCENT LONCHAMP

Une altercation avec un cadre de son entreprise lors d’une fête de village un peu trop arrosée n’est pas un motif de licenciement. Le tribunal administratif de Nîmes a suspendu, hier, le renvoi pour faute grave de Laurent F., trésorier CGT du comité d’entreprise de l’usine Perrier de Vergèze (Gard).

En octobre 2007, celui-ci se bat avec un agent de maîtrise de son entreprise, au cours d’une soirée en dehors de l’usine. Bilan : trente-trois jours d’interruption de travail pour ce dernier. Considérant que l’embrouille provoque des « troubles très importants dans le fonctionnement de l’entreprise », la direction demande le licenciement de Laurent F., ce qui provoque la colère des syndicats. Selon eux, la direction s’est servie de cette altercation pour couper une tête de la CGT : « La direction profite de cette affaire pour s’en prendre au syndicat majoritaire », affirme le délégué général de la CGT Source Perrier.

C’est là que cette histoire « à caractère privé », selon un proche du licencié, prend une envergure inédite, et tourne à l’imbroglio : l’inspection du travail, dans un premier temps, s’oppose au licenciement, arguant que le lien entre l’agression et l’activité professionnelle de la victime n’est pas établi. Surtout, l’inspection du travail souligne l’absence de trouble au sein de l’entreprise.

Toujours décidée, malgré ce premier revers, la direction se tourne alors vers le ministère du Travail. Cette fois avec succès. Laurent F. reçoit sa lettre de licenciement le 28 juillet. S’en suivent huit jours de grève et d’actions - dont une opération péage gratuit - qui paralysent sérieusement le site dédié à l’embouteillage des produits de la célèbre marque d’eau gazeuse.

Jusqu’à la décision d’hier, qui désavoue le ministère du Travail. Selon le juge des référés, le ministère a oublié de vérifier « si le licenciement est en rapport avec l’appartenance syndicale et le mandat » de Laurent F., salarié « protégé » puisque membre syndiqué du CE. D’où « un doute sérieux sur la légalité de la décision ».

Après ce jugement favorable, considéré comme « une grande victoire », les anciens grévistes attendent maintenant la lettre notifiant le retour de leur collègue. La direction affirme dans un communiqué qu’elle va réintégrer Laurent F., mais « dans l’attente des procédures juridiques en cours ». Car si la décision du ministère est suspendue, la légalité du licenciement doit encore être débattue devant le tribunal administratif. En clair, la direction ne s’avoue toujours pas vaincue.

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