Liste des auteurs

Pierre Ivorra | L’humanité du 28.02.2011

Pétrole, à qui profite la hausse  ?

vendredi 11 mars 2011 par Pierre Ivorra
L’inquiétude sur les approvisionnements paraît pour partie entretenue afin de doper les cours. En France, les prix à la pompe se rapprochent du pic de 2008.

Les prix du pétrole évoluaient légèrement à la hausse vendredi en milieu de journée. Le baril de brent de la mer du Nord s’échangeait à Londres à 112,04 dollars, en hausse de 68 cents par rapport à la veille, après avoir frôlé jeudi les 120 dollars, son plus haut niveau depuis août 2008. À New York, le baril de light sweet crude (WTI) progressait de 34 cents, à 97,62 dollars. Il avait atteint jeudi 103,41 dollars le baril, un sommet depuis deux ans et demi. Selon certains commentateurs, les opérateurs s’inquiéteraient des effets de l’arrêt de la production libyenne et des risques de contagion du soulèvement populaire à d’autres pays producteurs de pétrole. L’Europe est particulièrement concernée. Le pétrole libyen couvre en effet 15,7 % des importations françaises, 22 % des italiennes, 23,3 % des irlandaises, 7,7 % des allemandes.

l’Arabie saoudite prête à pallier les carences

Mais cette inquiétude paraît largement entretenue, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) estimant que de 500 000 à 750 000 barils par jours de brut, soit moins de 1 % de la consommation mondiale quotidienne, font défaut, en raison de la situation en Libye. L’Arabie saoudite, principal producteur de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), se dit prête à pallier les carences de l’offre de brut et serait déjà «  en discussions actives  » avec les raffineurs européens, selon plusieurs sources. De son côté, le gouvernement américain a estimé jeudi que les États-Unis et le monde pouvaient faire face à une rupture d’approvisionnement en pétrole.

Intervenants financiers et majors de l’or noir.

Cette flambée des cours de l’or noir intervient certes sur fond d’un décalage entre la demande et l’offre mondiales. En 2010, la première a été de 87,1 millions de barils par jour contre 86,5 millions pour la seconde. Cet écart a été creusé à la fois par la réduction durant plusieurs années par les grandes compagnies pétrolières de leurs activités de recherche de nouveaux gisements et par la volonté légitime des pays producteurs de maîtriser leur production afin de relever leurs prix de vente. Sur cette base se greffe une spéculation acharnée organisée et entretenue par de grands intervenants financiers et les majors de l’or noir. Une affaire assez récente vient d’en donner une idée dans un autre secteur que le pétrole. Début décembre 2010, le quotidien britannique The Daily Telegraph révélait que le mystérieux trader qui avait acheté entre 50 % et 80 % du stock de cuivre de la Bourse des métaux non ferreux de Londres pour 1,2 milliard d’euros, faisant monter le cours du cuivre à 8 700 dollars la tonne, un niveau record, n’était autre que la grande banque américaine JP Morgan.

En France, les prix des carburants à la pompe se rapprochent du pic de l’été 2008, lorsque le prix moyen du super sans plomb caracolait à 1,49 euro le litre. Pourtant, le prix du baril de brut est en dessous de ce qu’il était à l’époque. On devine à qui profite le crime.

Version imprimable de cet article Version imprimable

Forum de l'article

Aucune réaction pour le moment!
Répondre à cet article
 
Propulsé�par SPIP 1.9.2b | Suivre la vie du site  RSS 2.0 | Navigateur conseille Get Firefox! espace prive | Téléchargez le Squelette du site

CSS Valide !