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PASCAL POGAM | Les Echos le 14.09.2007.

Pétrole : les cours du brut semblent s’installer autour de 80 dollars le baril

vendredi 14 septembre 2007 par Pascal Pogam

A l’approche de l’hiver, la faiblesse des stocks américains fait craindre au marché une pénurie de produits pétroliers. Une menace que la hausse de la production de l’Opep ne suffit pas à écarter. Les opérateurs observent, par ailleurs, avec inquiétude la progression de l’ouragan Humberto, qui a touché hier le Texas et la Louisiane, entraînant l’arrêt de trois raffineries.

La cerise sur le gâteau. Comme si la crainte récurrente d’une pénurie de produits pétroliers ne suffisait pas, les marchés se sont offert hier une petite poussée de fièvre supplémentaire à l’approche du cyclone Humberto. Ce nouvel ouragan a touché hier les côtes du Texas et de la Louisiane avec des vents de 135 kilomètres/heure, ravivant le souvenir des tempêtes Katrina et Rita. Il a déjà contraint des compagnies pétrolières à arrêter trois raffineries de la région et pourrait menacer sur sa lancée des installations situées dans le golfe du Mexique.

Ces nouvelles ont immédiatement fait grimper le cours du brut américain, qui a touché un nouveau record historique en séance à New York, à 80,20 dollars par baril, avant de se replier légèrement. Vers 21 h 15 (heure de Paris), le baril de « light sweet crude » pour livraison en octobre affichait une hausse de 18 cents, à 80,09 dollars. Au même moment à Londres, le baril de brent de la mer du Nord pour livraison à la même échéance se repliait, quant à lui, de 28 cents, à 77,40 dollars. Il s’échange ainsi toujours près de son plus haut historique (78,64 dollars), atteint en août 2006. Indépendamment de la menace Humberto, les opérateurs continuent de s’inquiéter d’un déséquilibre entre l’offre et la demande de brut.

Une portée symbolique

Une crainte confirmée par la diminution très nette des stocks outre-Atlantique. Selon les dernières statistiques publiées par le département américain de l’Energie, ceux-ci ont en effet baissé de 7,1 millions de barils lors de la semaine achevée le 7 septembre. Depuis fin juin, leur niveau a diminué de 9 %, ce qui inquiète sérieusement le marché à l’approche de l’hiver. Dans les semaines à venir, les raffineurs américains vont devoir constituer d’importantes réserves de fioul de chauffage pour passer sans encombre la période des grands froids. Pour répondre à leurs besoins, nombre d’observateurs considèrent que le marché devrait être mieux approvisionné.

C’était tout le sens du geste effectué en début de semaine par l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), qui a décidé d’augmenter sa production de 500.000 barils par jour à compter du 1er novembre. Plutôt surprenante - car le marché s’attendait depuis plusieurs semaines à ce que le cartel maintienne inchangés ses niveaux de production -, la nouvelle a d’abord été bien accueillie par les opérateurs. Mais, à la réflexion, ces derniers ont finalement estimé que la décision du cartel n’aurait qu’une portée symbolique et ne suffirait pas à résoudre les tensions de la fin de l’année. L’Agence internationale de l’énergie (AIE), qui représente les intérêts des pays consommateurs, estime que le niveau de production requis de la part de l’Opep est de 32,4 millions de barils par jour, contre 30,4 millions en moyenne aujourd’hui.

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