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Le Monde.fr avec AFP | 12.10.2012

Pétrole : ralentissement de la demande confirmé dans les pays développés

mardi 16 octobre 2012

Crise freinant la demande mondiale d’or noir et "bonnes nouvelles" sur le front de la production. L’Agence internationale de l’énergie (AIE) a annoncé vendredi 12 octobre entrevoir un relâchement des tensions qui agitent le marché pétrolier dans les prochaines années.

"Les marchés pétroliers tendus pourraient enfin commencer à s’apaiser", a résumé la directrice générale de l’agence Maria Van der Hoeven, alors que sortait la dernière étude prospective de l’AIE, bras énergétique de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques).

Un optimisme pas forcément de bon augure car il découle en grande partie de l’assombrissement des perspectives économiques mondiales. L’AIE a abaissé d’environ un demi-million de barils par jour la croissance de la demande mondiale d’or noir jusqu’en 2016, à cause de la dégradation de la conjoncture planétaire, couplée à des efforts d’efficacité énergétique plus importants qu’anticipé.

La demande de pétrole ne devrait ainsi progresser que de 1,2 % par an en moyenne, passant de 89,79 millions de barils par jour cette année à 94,45 millions en 2016. L’AIE évoque en particulier la crise lancinante de la zone euro, et "même la Chine, principal moteur de la hausse de la demande au cours de la décennie écoulée, qui donne des signes de ralentissement".

NOUVELLES SOURCES D’APPROVISIONNEMENT

Parallèlement, Maria Van der Hoeven a mis en avant "de bonnes nouvelles du côté de la production". Et de citer entre autres la production pétrolière libyenne, qui a redécollé beaucoup plus rapidement que prévu après le renversement du régime Kadhafi, l’Arabie saoudite qui a ouvert les vannes en grand et porté la sienne à "un sommet depuis trente ans", ainsi que l’Irak, qui pourrait doubler son offre d’ici la fin de la décennie.

Mais l’AIE souligne également l’essor spectaculaire de l’extraction de pétrole non conventionnel (sables bitumineux et autre pétrole de schiste) en Amérique du Nord, qui devrait représenter à elle seule 40 % de la croissance de la production mondiale d’or noir d’ici 2017. L’agence anticipe notamment une augmentation de 2,5 millions de barils par jour (bp/j) de la production pétrolière américaine à cet horizon, à 11,4 millions de barils par jour pour une offre mondiale attendue à 102 millions bp/j.

"Dans l’ensemble, cela signifie qu’un équilibre entre l’offre et la demande plus confortable que prévu et que celui observé durant la majeure partie de la décennie écoulée devrait commencer à apparaître", estime la patronne de l’AIE.

La capacité de production excédentaire de l’OPEP (autrement dit, la "marge" de l’organisation pour augmenter sa production en cas de risque de pénurie) devrait se regonfler, alors que son niveau est jugé dangereusement bas par de nombreux acteurs du marché, ce qui sous-tend en grande partie le niveau très élevé des prix du brut. L’AIE s’attend à ce que cette marge remonte de quelque 3,65 millions de barils cette année à plus de 5 millions dans cinq ans.

"AFFAIBLISSEMENT GRADUEL DES PRIX"

Cela va-t-il pour autant se traduire par une chute des cours pétroliers ? Les experts de l’agence se montrent très prudents sur ce sujet, évoquant "un affaiblissement graduel des prix sur la période", tout en prévenant que ceux-ci devraient se maintenir "dans une fourchette toujours historiquement élevée". Ce qui donnerait en clair un prix moyen du baril de brut importé par les principaux pays membres de l’agence (Europe, Etats-Unis, Japon...) autour de 89 dollars en 2017, contre 107 cette année.

Enfin, autre conséquence de ces évolutions, l’AIE s’attend à ce que la carte du commerce mondial du pétrole soit "redessinée" dans les cinq ans qui viennent, avec une Amérique du Nord qui se rapprochera de plus de plus de l’autosuffisance, et des capacités de raffinage qui continueront de basculer vers l’Asie et le Moyen-Orient.

Les prix du pétrole baissaient vendredi en cours d’échanges européens, mais l’escalade des tensions entre la Syrie et la Turquie limitait le recul des cours. Vers 16 heure, le baril de brent de la mer du Nord pour livraison en novembre valait 114,96 dollars sur l’Intercontinental Exchange de Londres, en repli de 75 cents par rapport à la clôture de la veille. Sur le New York Mercantile Exchange, le baril de WTI pour la même échéance s’adjugeant 9 cents à 92,16 dollars.

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