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Propos recueillis par Sandrine Blanchard | Le Monde le 15 mars 2007

Pierre-Yves Geoffard, économiste spécialiste des questions de santé au CNRS "Le paiement à l’acte est coûteux"

jeudi 15 mars 2007 par Sandrine Blanchard

Alors que les généralistes réclament un tarif de consultation à 23 euros, est-il possible de toucher le paiement à l’acte ?

La notion de médecine dite "libérale" est un peu un contrat de dupes puisque la demande est solvabilisée par l’assurance-maladie et les complémentaires santé. Le paiement à l’acte est générateur d’une course à l’acte. Donner aux praticiens un intérêt financier à prescrire plus d’actes est coûteux pour le système et peut être délétère en termes de santé publique.

Quelles sont les solutions ?

Les systèmes de salariat ou de capitation (forfait par patient) ont aussi leurs inconvénients et nécessitent de mettre en place des outils d’évaluation de la qualité des soins. La possibilité serait de s’orienter vers un paiement mixte (capitation et acte).

Mais c’était le cas des médecins référents, un système créé en 1998 et supprimé en 2005...

C’est vrai. A cause de la forte résistance des médecins,

ce système qui permettait au généraliste de bénéficier d’une rémunération forfaitaire annuelle pour chaque patient en contrepartie d’un engagement à respecter les tarifs conventionnels, à tenir un dossier médical, à appliquer les recommandations de bonne pratique médicale, à participer à des actions de prévention, à privilégier la prescription de médicaments génériques et à prendre part à des actions de formation continue et d’évaluation professionnelle a été abandonné sans que l’on soit allé au bout de cette réforme et de son évaluation.

Y a-t-il des exemples étrangers dont la France pourrait s’inspirer ?

Au Royaume-Uni, les médecins généralistes sont deux fois moins nombreux et deux fois mieux payés qu’en France. La pratique de cabinet de groupe y est davantage développée et les médecins sont payés en grande partie par capitation. Depuis deux ans, une nouvelle composante - liée à la qualité des soins - est prise en compte pour 20 % à 30 % de leur rémunération. Le corps médical s’est engagé sur des indicateurs de qualité en matière de prévention, de santé publique et de prise en charge.

Un changement est-il possible en France ?

Le système actuel est à bout de souffle. Il a de grandes chances d’évoluer, car le corps médical évolue : de plus en plus de médecins sont insatisfaits du mode de paiement à l’acte et la féminisation du corps médical va entraîner des pratiques différentes. Il y a urgence à payer davantage mais d’une meilleure manière les médecins. Les questions de l’évaluation de la qualité des soins, de la répartition géographique de l’offre médicale et du mode de pratique (individuelle ou en groupe) doivent aussi être posées.

Quelle peut-être la solution ?

Ce pourrait être de permettre aux médecins, sur une base volontaire, de choisir un mode de rémunération différent.

Dans l’émission "Service public", France Inter et Le Monde abordent le dossier des transports (jeudi 15 mars, de 9 h 30 à 10 h 30).

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