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LINDA BE DIAF | La Marseillaise le 23 juillet 2007

Plan de Campagne. Dernier dimanche d’ouverture avant la fin des derniers arrêtés préfectoraux autorisant l’ouverture des commerces lors du repos dominical.

lundi 23 juillet 2007 par LINDA BE DIAF

La zone commerciale de Plan de Campagne était ouverte hier. Les arrêtés préfectoraux au travail dominical arrivent à échéance le 26 juillet. La CGT et la CFDT rencontreront le préfet de Région, Michel Sappin, le 27 juillet pour qu’une décision soit prise sur la délivrance de nouveaux arrêtés de dérogations.

Pour Avelino Carvalho, responsable départemental CGT, « il n’y a toujours pas eu de négociations parce que les employeurs sont certains d’obtenir de nouvelles dérogations », réaffirmant que « les syndicats attaqueront en justice tout nouvel arrêté préfectoral ».

« La question est devenue politique. L’objectif final des groupes de la zone est que le travail du dimanche ne coûte plus rien. Sa banalisation supprimera toutes les rémunérations supplémentaires et imposera plus de temps partiels » explique-t-il.

Des pressions politiques qui tentent de créer une banalisation du travail dominical pour aboutir à sa légalisation.

« Mais ils se tirent une balle dans le pied par la vue du profit immédiat sans voir que la généralisation du travail du dimanche dans la grande distribution, c’est la mort annoncée de Plan de Campagne qui ne pourra pas concurrencer Grand Littoral, la Valentine, Vitrolles, Aubagne… » s’inquiète le responsable CGT.

6500 salariés travaillent sur la zone, le plus souvent dans des conditions précaires. Temps partiel imposé, travail dominical obligatoire, salaires dérisoires.

Karima, vendeuse chez Fabio Lucci travaille 35 heures par semaine et tous les dimanches pour 1190 euros par mois. Cela lui permet « d’avoir un salaire correct tout simplement » car « les dimanches sont payés double ».

Même son de cloche pour Sophie, vendeuse chez Brice, qui travaille tous les dimanches depuis deux ans et demi. « Quand on est jeune à la recherche d’un emploi, ce n’est pas grave. Mais en vieillissant, on a besoin de temps pour sa famille. Beaucoup de femmes quittent leur emploi pour cette raison » explique-t-elle.

Ce travail forcé n’est pas sans conséquence. « Je n’ai plus de vie sociale. Je me repose le lundi lorsque que mon compagnon travaille. Je ne sors plus le week-end et je ne vois plus mes amis » témoigne Sophie.

Nerveusement aussi. « Le dimanche, c’est difficile. Nous avons à faire une clientèle complètement différente qui se promène et n’achète pas. Les gens déballent les produits. Les rayons sont sans dessus dessous. Les magasins sont de véritables parcs d’attractions » raconte Véronique, vendeuse chez « Interior’s ». Mais magasiner le dimanche à Plan de Campagne est devenue une habitude depuis 40 ans.

Pour Kamarade, « l’ouverture des magasins le dimanche est anormale » mais il apprécie y faire ses courses « car la semaine tout le monde travaille. Je viens presque tous les dimanches. Je fais mes achats, je joue au bowling et ensuite je vais au cinéma ».

Sylvie, elle, n’a rien à redire. « Ils travaillent car ils acceptent de gagner plus et si ça ferme ça ne me dérangera pas ».

Mais à savoir si ces mêmes clients sont prêts à travailler le dimanche pour le même salaire, Kamarade répond que « ça ne sert à rien ! ». Pour Jacqueline et Didier, « La fermeture nous embêtera parce qu’il y a des choses que nous ne pouvons pas faire la semaine. Mais si les payes sont dérisoires, c’est dangereux pour les salariés qui devront travailler plus pour manger ».

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