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une dépèche AFP parue sur liberation.fr le 1er octobre 2005

Policiers et gendarmes interviennent à Ajaccio et Marseille

samedi 1er octobre 2005
Les ports de Corse étaient totalement bloqués par des mouvements sociaux en soutien aux quatre marins du STC, mis en examen, puis remis en liberté vendredi après le détournement mardi d’un navire de la SNCM.

quelque 150 policiers et gendarmes sont intervenus samedi matin sur le port d’Ajaccio pour le rendre libre à la circulation, les ports de Corse étant totalement bloqués par des mouvements sociaux en soutien aux quatre marins du STC (Syndicat des travailleurs corses), mis en examen, puis remis en liberté vendredi après le détournement mardi d’un navire de la SNCM.

Selon la préfecture de Corse, plus de 10.000 personnes sont bloquées dans l’île, ainsi que 6 à 7.000 véhicules. "Notre objectif est de rendre libre à la circulation le port d’Ajaccio, dans un premier temps pour permettre aux très nombreux touristes bloqués en Corse de partir", a indiqué le préfet de Corse, Pierre-René Lemas.

A l’aide de deux blindés légers à roues, les CRS et gendarmes en tenue anti-émeute ont d’abord poussé les remorques et les poubelles qui bloquaient la rampe d’accès du Girolata, cargo mixte de la CMN et seul navire bloqué à quai à Ajaccio.

Ils ont ensuite vérifié les identités d’une quinzaine de militants qui tenaient le piquet de grève devant le bateau depuis trois jours, et qui n’ont pas opposé de résistance.

"Le but de cette opération, c’est de reprendre le port d’Ajaccio et de le tenir tant qu’il faudra, ce sera le seul port de Corse qui fonctionnera à partir de maintenant", a expliqué le préfet de police de Corse, Christian Lambert.

"Nous avons là des femmes et des enfants, ceux-là sont de vrais naufragés", a déclaré le préfet Lemas, en référence à quelque 80 personnes sans hébergement qui ont passé la nuit dans un gymnase du centre d’Ajaccio. "Des ambassades et des consulats nous ont officiellement demandé d’aider leurs ressortissants à partir, ce sont des demandes officielles. Si la situation perdurait, nous serions en contravention avec le principe de libre circulation prévu à la convention de Schengen", a-t-il affirmé.

La paralysie du trafic maritime faisait craindre en Corse une situation de pénurie, et M. Lemas avait mis en place une cellule de crise "globale" chargée dans un premier temps de gérer les stocks de produits sensibles, tels que le carburant ou les médicaments.

A Marseille, les policiers sont également intervenues samedi matin pour dégager les portes d’accès aux terminaux pétroliers du Port autonome de Marseille, à Fos-sur-Mer et Lavéra, a annoncé la préfecture des Bouches-du-Rhône.

Le syndicat CGT du Port autonome de Marseille (PAM) (majoritaire) a décidé de reconduire samedi la grève entamée le 27 septembre, en marge de celle des salariés de la SNCM.

"L’opération s’est déroulée à 6h30, sans incident", a indiqué le service de communication de la préfecture, selon lequel les militants tenant les piquets de grève ont obtempéré à la demande des policiers."Les portes seront gardées pour assurer la libre circulation", a précisé la préfecture.

Vendredi, les tensions s’étaient apaisées en Corse après l’annonce de la libération de quatre marins, poursuivis pour le détournement d’un navire de la SNCM, mais les syndicats restaient déterminés à poursuivre samedi la mobilisation pour empêcher la privatisation de la compagnie.

Alain Mosconi, charismatique leader des marins du STC (Syndicat des travailleurs corses, proche des nationalistes), et ses trois collègues ont été mis en examen mais laissés en liberté vendredi soir à Marseille.

Dès sa sortie du palais de Justice, Alain Mosconi a appelé au calme en Corse, en situation de quasi blocus avec un trafic maritime totalement paralysé depuis mercredi par les actions syndicales, qui ont également affecté vendredi les liaisons aériennes.

La libération a été saluée à Bastia par une explosion de joie de leurs sympathisants, qui ont toutefois décidé de maintenir une manifestation prévue samedi après-midi dans la ville "pour montrer à l’Etat que le combat reste le même", a déclaré le secrétaire national du STC, Jean Brignole.

"Il va falloir l’amplifier et montrer à l’Etat qu’il faut ouvrir de véritables négociations. Il en va de l’avenir de la corse, de nos emplois !", s’est-il exclamé.

A Marseille, les familles des salariés de la SNCM ont également appelé samedi à la mi-journée à une manifestation devant le siège de la compagnie maritime nationale pour s’opposer à sa privatisation par le gouvernement et réclamer son maintien dans le giron public.

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