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Fabrice Nodé-Langlois | Le Figaro le 03.07.2012

Pour sa première sortie, Batho défend les énergies vertes

mardi 3 juillet 2012 par FABRICE NODÉ-LANGLOIS
Pour sa première intervention mardi matin, la ministre de l’Écologie s’engage à soutenir la filière biomasse malgré « la forte contrainte budgétaire ».

Pour sa première déclaration publique dans ses nouvelles fonctions de ministre de l’Écologie chargée de l’énergie, Delphine Batho avait choisi d’ouvrir le colloque « Bois énergie » organisé à la Défense par le Syndicat des énergies renouvelables (SER). En préambule à la déclaration de politique générale du premier ministre Jean-Marc Ayrault prévue ce mardi à 15 heures, Delphine Batho a assuré que « le gouvernement veut faire du développement des énergies renouvelables un axe majeur de sa politique ».

Malgré « la forte contrainte budgétaire », a déclaré la ministre nommée après les élections législatives en remplacement de Nicole Bricq, « je m’engagerai pour que le fonds chaleur soit sécurisé ». Institué par le gouvernement Fillon dans le cadre du Grenelle de l’environnement, ce fonds piloté par l’Ademe , doté en 2008 de 1,2 milliard d’euros sur cinq ans, a été l’outil majeur de l’essor de la filière bois énergie. Le chauffage représente en France la moitié des besoins énergétiques, la seconde moitié se partageant entre transports et électricité.

36.000 emplois non délocalisables

La filière bois énergie « reçoit rarement l’attention qu’elle mérite », a poursuivi Delphine Batho alors que, forte de « 36.000 emplois non délocalisables », elle représente la moitié des énergies renouvelables en France. Élargi aux activités de récolte du bois, le SER estime les emplois concernés à 60.000.

Avec une production de 9,7 millions de tonnes équivalent pétrole (Mtep), la filière bois énergie de la France arrive en deuxième position européenne, derrière l’Allemagne (11,2 Mtep). Depuis l’an 2000, 4395 chaufferies utilisant la biomasse ont reçu le soutien de l’Ademe, dont 3342 destinées au chauffage collectif et tertiaire, et 1053 au chauffage industriel, a indiqué Olivier Bertrand, du SER. Leur puissance installée représente 3300 mégawatts (MW) soit l’équivalent de trois réacteurs nucléaires de la génération de Fessenheim.

Les installations de cogénération (qui produisent de l’électricité en plus de la chaleur) fonctionnant à partir de bois et de déchets végétaux ne sont qu’une quinzaine en France. La plus puissante est celle de Dalkia à Biganos en Gironde (69,5 MW). Six centrales supplémentaires devraient entrer en service d’ici la fin de l’année.

Jean-Louis Bal, le président du SER, a soulevé un motif d’inquiétude : plusieurs petites installations brûlant de la sciure du bois sont menacées de fermeture par un règlement européen imposant une norme plus sévère en matière de rejets. Delphine Batho a assuré être attentive à ces remarques en rappelant que ce dossier était l’objet d’un contentieux avec Bruxelles. Une manière de montrer que pour une ministre présentée comme novice sur les sujets environnementaux, elle s’est saisie des dossiers dans le détail.

La filière bois figurera en bonne place, a-t-elle enfin promis, lors de la conférence nationale sur l’énergie prévue à l’automne.

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