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Un article de Rémi Barroux paru dans Le Monde du 24 mai 2006

Premier bilan du reclassement des chômeurs par le privé

mercredi 24 mai 2006 par Rémi Barroux
Le reclassement des chômeurs par des opérateurs privés fait-il faire des économies à l’assurance-chômage ? Oui, si l’on en croit les chiffres que la direction de l’Unedic doit présenter, mercredi 24 mai, aux syndicats et au patronat, gestionnaires de cette institution paritaire.

Les cabinets de conseil BPI, Altédia et Ingéus, la société d’intérim Adecco et l’Association pour l’emploi des cadres (APEC) avaient été choisis pour assurer le retour à l’emploi de chômeurs, via un accompagnement plus personnalisé que celui généralement assuré par le service public de l’emploi (l’ANPE). Ils ont reclassé au total 7 013 personnes, et auraient permis de réaliser "une économie d’indemnisation estimée de 47,2 millions d’euros". A ce chiffre, il faut retrancher le coût de la prise en charge, soit 23,2 millions d’euros (coût total à l’issue des sept mois de travail prévus dans le cahier des charges), soit une économie nette de 24 millions. Soit "3 420 euros par allocataire", précise l’Unedic, en ajoutant néanmoins que cette seule approche financière mérite d’être affinée.

FO ET LA CGT CRITIQUES

Au sein même de la CFDT, qui en la personne d’Annie Thomas, préside l’Unedic, des voix se sont élevées pour que le bilan de ces expérimentations soit le plus complet possible. "Il y a débat entre l’intérêt de l’assurance-chômage et les intérêts des chômeurs et des salariés", reconnaît prudemment son secrétaire général, François Chérèque. S’il soutient la nécessité des expérimentations, le numéro un de la CFDT prend le soin de demander "des éléments d’évaluation suffisants pour envisager de nouvelles expériences".

Le bilan des cinq expérimentations est contesté par les syndicats qui n’ont pas signé la dernière convention de l’assurance-chômage entrée en vigueur le 1er janvier. Jean-Claude Quentin (FO) juge le coût de la prise en charge exorbitant. D’après ses calculs, la société Ingéus, chargée de reclasser 6 000 chômeurs sur trois ans à Rouen et à Lille, ferait dans cette opération un bénéfice de 10 millions d’euros pour "un résultat pas supérieur à celui réalisé par l’ANPE ", avec un taux de retour à l’emploi de 35 %.

Le représentant de FO critique aussi le caractère incomplet de l’évaluation de l’Unedic : selon lui, les résultats présentés n’indiquent pas si le reclassement s’est fait - ou non - sur un "emploi durable". Or, rappelle le syndicaliste, après un contrat à durée déterminée (CDD), le salarié se retrouve de nouveau en situation d’allocataire des Assedic. M. Quention dit aussi ne pas connaître la proportion de contrats nouvelles embauches (CNE) dans les contrats à durée indéterminée (CDI) signés par les chômeurs.

La CGT partage la conviction de FO que le privé fait des profits sur le dos des chômeurs. Et fait valoir que l’Unedic n’est pas tenue d’étendre ces expérimentations. La décision finale devrait être prise lors du conseil d’administration du 5 juillet.

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