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L’humanité du 08.01.2011

Premiere et grande victoire pour les "Fralib"

jeudi 10 février 2011

Premier succès pour les salariés de Fralib, dont le site qui conditionne à Gémenos les thés Lipton et Eléphant est menacé de fermeture. Ils obtiennent la condamnation d’Unilever. Le plan social est annulé par le TGI de Marseille.

Le groupe Unilever s’est vu ordonner par le juge des référés du TGI de Marseille de reprendre à zéro son projet de fermeture de l’usine Fralib de Gémenos (Bouches-du-Rhône), avec interdiction de mettre en oeuvre son plan de sauvegarde de l’emploi, en raison d’"irrégularités manifestes", selon le jugement.

Voyant "de la désinvolture, sinon de la maladresse" dans l’attitude du géant anglo-néerlandais de l’agroalimentaire et des cosmétiques, ainsi qu’un "argumentaire indigent", le juge, saisi par le comité d’entreprise (CE) de Fralib, n’a pas mâché ses mots envers l’employeur des 182 salariés qui luttent depuis près d’un an contre la fermeture du site.

Pour justifier sa décision, la direction de Fralib a fait valoir que l’usine de Gémenos, la seule en France à produire les thés Lipton et les infusions L’Elephant, était le moins compétitif des quatre sites européens d’Unilever dans cette branche d’activités, en assurant 5,1% du volume total de production pour 27% des coûts, chiffres répétés à plusieurs reprises. "La mise en parallèle des volumes mis en oeuvre dans la branche et du pourcentage du coût d’exploitation n’a en elle-même aucun sens. Son emploi dans un document inaugural à une consultation dont l’enjeu est la fermeture d’un site employant 182 salariés, relève de la désinvolture, sinon de la maladresse", a estimé le juge dans sa décision du 4 février, dénonçant une "carence" d’informations au préjudice du CE.

Le tribunal a également relevé que le plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) présenté par Fralib était "dépourvu de toute indication qui permette de connaître les moyens dont cette société, et au-delà d’elle la branche et le groupe Unilever, est en mesure de consacrer au reclassement de ses salariés". Entachée "d’irrégularités manifestes", la procédure conduite par Fralib devra donc être recommencée à son début, "notamment en communiquant au comité d’entreprise toutes les données utiles à apprécier la dérive de la compétitivité de Fralib telle qu’elle est alléguée", a ordonné le juge, en interdisant à la société de mettre en oeuvre le PSE "litigieux".

Le syndicat CGT s’est félicité de ce "premier et grand succès qui en appelle d’autres". "on savoure notre victoire. On a gagné une bataille mais pas la guerre. On reste mobilisé" se félicite Olivier Le berquier, délégué CGT.


Projet alternatif et Boycott des produits Lipton

« On savoure notre victoire. On a gagné une bataille mais pas la guerre. On reste mobilisé », confiait hier Olivier Leberquier, délégué CGT de Fralib. Les salariés, avec leurs élus du personnel et leurs syndicats, entendent mettre à profit le jugement du TGI de Marseille pour amplifier leur mobilisation et pousser les feux de leur projet alternatif. La direction a fait savoir, dimanche, qu’elle ne ferait pas appel, tout en faisant comprendre que, interprétant le jugement à sa manière, elle « recommencerait la procédure de la même façon », indique le délégué CGT. « On savait qu’Unilever ne respectait pas ses salariés ni les consommateurs, qu’elle a arnaqués en diminuant la quantité de thé par sachet tout en augmentant ses prix. Maintenant, on voit qu’elle ne respecte pas la justice française. » Affichant leur détermination, les syndicats relancent leur appel au boycott des produits Lipton lancé aux consommateurs il y a quelques semaines. Et ils annoncent, pour aujourd’hui, « une grosse initiative » de mobilisation, sans plus de détails.

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