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La Tribune - édition électronique du 12/08/05

Printemps difficile pour l’économie française

lundi 15 août 2005
Selon une première estimation de l’Insee, le taux de croissance de l’économie française s’est élévé à 0,1% au deuxième trimestre. Une croissance inférieure aux estimations déjà moroses des économistes.

Proche de la stagnation. Au deuxième trimestre, le taux de croissance de l’économie française a atteint 0,1% selon l’estimation précoce réalisée par les experts de l’Insee. De fait, l’acquis de croissance pour 2005 est de 1,2% à la fin juin. Il s’établissait à 1,9% l’année dernière à la même époque.

Cette statistique se situe en dessous des attentes des économistes. En effet, ces derniers, déjà conscients de la faible vitalité de l’économie de la maison France, n’avaient anticipé qu’une croissance de 0,2% entre avril et juin.

En attendant les résultats détaillés qui seront publiés le 30 septembre dernier, il est déjà possible de tirer quelques conclusions de ces mornes statistiques. Tout d’abord, il devrait être de plus en plus ardu pour le gouvernement de respecter ses engagements communautaires. En effet, faute d’une croissance suffisante, la promesse de respecter le Pacte de stabilité devient très difficile.

De plus, cette conjoncture molle ne devrait pas faciliter la tâche du gouvernement dans sa lutte contre le chômage.

Seule bonne nouvelle, l’Insee a légèrement révisé à la hausse les chiffres du premier trimestre. La croissance française s’est finalement élevée à +0,4%, contre +0,3% initialement annoncé.

Compte tenue de cette timide croissance enregistrée au cours des six premiers mois de l’année, les prévisions du gouvernement - 2% de croissance annuelle - sont-elles encore réalistes ? La plupart des économistes en doutent. "Ces estimations sont trop optimistes, d’autant plus que l’accélération anticipée au second semestre est clairement menacée par la hausse du prix du pétrole et par l’euro fort, très pénalisant pour le exportations", explique Luca Silipo chez Ixis CIB interrogé par latribune.fr.

"Que dire alors des 2,5 % prévus lors de l’élaboration du budget ! Soyons clairs : la croissance française sera, selon nous, de 1,5 % en 2005 et le déficit public atteindra, dans le meilleur des cas, 3,2 % du PIB", estime Marc Touati chez Natexis Banques Populaires.


Stabilité de l’emploi salarié au deuxième trimestre

Une mauvaise n’arrivant jamais seule, les statistiques provisoires publiées par le ministère de l’Emploi font état d’une stabilité de l’emploi salarié dans le secteur concurrentiel au deuxième trimestre (-6.100 postes). Il affiche une maigre progression de 0,2% sur un an, totalisant 15.435.200 personnes. Après une année 2004 déjà morose en termes de créations d’emploi, il s’agit du deuxième trimestre de stagnation enregistré depuis le début de l’année. L’industrie, qui détruit des emplois depuis la mi-2001, a de nouveau enregistré des suppressions de postes. Le ministère de l’Emploi les chiffre à 20.500. Sur un an, l’emploi dans le secteur secondaire a reculé de 2,1%, ce qui réprésente la disparition de 83.300 postes. Quant à l’emploi dans le secteur des services - le seul secteur créateur d’emplois depuis 2001 - , il stagne au deuxième trimestre. En glissement annuel, il progresse de 0,8% (+83.200 postes). De son côté, l’emploi dans la construction affiche une hausse de 1,1% sur le trimestre (+14.100 postes) et de 2,4% sur un an (+30.400 postes). "Dans un contexte où la croissance reste durablement molle, le coût des embauches et des licenciements a dissuadé les chefs d’entreprises de recruter", explique Nicolas Bouzou au Xerfi.

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