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Un article paru dans La Marseillaise du 17 décembre 2004

Procédures douteuses à Elis

vendredi 17 décembre 2004 par Houda Benallal
Hier matin, ils sont venus nombreux pour soutenir leurs deux camarades CGT « mises à pied », puis convoquées pour « dispense de travail » sans motifs réels sinon celui de posséder une carte du syndicat.

huit heures : la distribution de la pétition par un groupe de militants CGT - présent depuis 5 heures du matin - prend fin.

Une caméra est là pour pour filmer les allées et venues autour de l’entreprise et scrute l’horizon comme un char de guerre.... Car ici tout est fait pour sembler propre..... L’essentiel serait ... sans la boite noire, probablement archivé. Et après tout : « les travailleurs n’ont qu’à exécuter sans broncher ! »semble dire l’oeil de Big Brother....

Elis est une entreprise internationale qui est sensée à Rousset, laver plus blanc le linge des collectivités et groupes privés. En cette matinée de décembre, elle dévoile un envers bien plus trouble. Les licenciements de Jean Baptiste et Céline en juillet dernier, qui n’avaient pour « défaut professionnel » - pour Elis - que celui de posséder une carte syndicale CGT, ont annoncé une véritable traque « on cachée » à ce syndicat, avec l’annonce de deux autres « dispenses de travail » . La nouvelle direction, qui a changée depuis juillet pour des causes aussi troubles (démission de l’ancien responsable à Rousset qui serait ; selon une employée « parti loin de, très loin en Amazonie » , calcule ses mots en se défilant : « nous n’avons pas de commentaire à faire ». C’est dire le manque de transparence !

Dispense de travail

Hier matin il n’y avait donc pas de surprises pour les militants Cégétistes aguerris venus , en force, soutenir Nathalie et Audrey, les deux nouvelles proies d’Elis, employées depuis plus de 2 ans (encartées CGT) et convoquées après avoir subit de fortes pressions (voir notre édition d’hier) ; Pour Nathalie comme pour Audrey, résume la déléguée : « on reproche le manque de règles de courtoisie et d’élégance dans l’entreprise » Audrey, elle , écope , comme le souligne Muriel Martin, secrétaire générale du syndicat dans la vallée de l’Arc et le Bassin Minier « d’une soit-disant erreur de commande suite à un soit-disant coup de fil d’un client » . Bref, la panacée pour des patrons qui semblent pratiquer la discrimination syndicale comme on boirait du petit lait. Mais « plus vite leurs pratiques sont cernées, mieux la défense se fait » comme dirait un syndicaliste. Si les militants CGT ne sont pas surpris, ils n’en demeurent que plus mobilisés.

Alors que Cécile et Jean-Baptiste (les premiers licenciés) sont en procès. Audrey et Nathalie s’achemineraient vers la même solution face aux licenciements prévisibles. D’autant plus que le motif de « dispense de travail » reste flou du côté du droit du travail. « c’est une mise à pied prolongée » précise une juriste, qui ajoute : « il s’agit avant tout d’une discrimination syndicale qu’il faut condamner. Les juges peuvent contraindre l’entreprise à une réembauche et / ou au versement de dommages et intérêts » . selon une employée d’Elis : « ils ont déclaré préférer payer les prud’hommes plutôt que d’embaucher des personnes syndiquées »

Avec tout çà une question demeure : qu’attend la justice pour faire appliquer aux entreprises les lois les plus élémentaires de la démocratie ?

Voir l’article paru dans La Marseillaise d’hier ainsi que le tract du syndicat CGT d’ELIS
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