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Projet industriel d’EDF : un projet dangereux pour le service public et la sécurité industrielle entièrement orienté vers la rémunération des actionnaires

lundi 20 décembre 2004 par FNME-CGT

Le projet dit "industriel" présenté par le Président d’EDF est en ligne avec les conclusions de la commission Roulet et la mission que lui a confiée le Gouvernement : présenter une rentabilité financière correspondant aux ratios attendus par les marchés financiers pour pouvoir ouvrir le capital de l’entreprise publique.

Son contenu n’est donc pas industriel mais essentiellement financier : il maintient pour trois ans à la portion congrue les investissements permettant d’assurer la qualité du service public en France et de répondre à l’augmentation des besoins en matière de consommation et de protection de l’environnement.

L’objectif affiché en matière de développement externe en Europe et pour acquérir une identité gazière devrait mobiliser des sommes colossales (20 milliards d’€), plus importantes encore que celles déjà dilapidées entre 1999 et 2003 (16 milliards d’€).

Pourtant, la France et l’Europe sont aux portes d’un besoin de renouvellement massif du parc de production existant et les risques de pénurie de production d’électricité sont déjà identifiés en cas d’hiver rigoureux et dans certaines régions comme la Bretagne et la Provence.

Gaspiller de telles ressources (qui alimentent massivement la sphère financière) est un non sens vis-à-vis du service public et des responsabilités industrielles d’EDF.

Dans le même temps, la Direction de l’entreprise s’est engagée à présenter une rentabilité financière attractive pour mener à bien l’ouverture du capital. L’énergie est pourtant un bien public qui, jusqu’à présent dans le cadre de l’entreprise publique, interdisait à des actionnaires privés d’en tirer profit.

Pour atteindre le double objectif d’expansion en Europe et de rentabilité financière : usagers du service public et salariés sont appelés à payer la facture : augmentation des tarifs de 15 % en trois ans et plan d’économie d’un niveau jamais atteint : 7,5 milliards en trois ans sur l’ensemble du groupe.

Ce programme aura nécessairement des conséquences en termes de qualité de service, de maintenance des tranches nucléaires, d’investissements dans les réseaux de distribution, de la recherche,de qualification des personnels, de suppressions d’emplois et de pressions financières accrues sur les sous-traitants alors que la situation présente est déjà préoccupante.

L’énergie est un bien vital et stratégique du point de vue industriel : ce secteur ne peut être piloté par la finance. La FNME CGT appelle l’ensemble des personnels et des usagers à s’opposer aux orientations présentées. Elle en appelle à la responsabilité des élus et du Gouvernement pour que la stratégie industrielle d’EDF soit réorientée vers la satisfaction des besoins sociaux et l’élaboration d’une vraie politique industrielle pour le secteur.

A ce titre, le débat à venir autour de l’élaboration des contrats de service public constitue une opportunité que la CGT entend saisir pour imposer des choix répondant à l’intérêt général.

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