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LA SNET : SOCIETE NATIONALE D’ELECTRICITE ET DE THERMIQUE

QUEL AVENIR POUR LA SNET ?

jeudi 13 janvier 2005 par coordination CGT SNET

ACTE 1 : Création de la SNET.

Pour mémoire la SNET a été crée sur l’initiative des pouvoirs publics au 1er janvier 1995, dans le cadre du pacte charbonnier, afin de pérenniser les activités électriques des CDF susceptibles de perdurer au-delà de la fin de l’extraction charbonnière. Les salariés employés dans les centrales n’ont pas été transférés dans la nouvelle société, ils ont eu le choix, pour la plupart en fonction de l’âge, soit de conserver le statut Mines ou bien d’opter pour le statut des Industries Electriques et Gazières. Cet « outil électrique » devait être maintenu dans le secteur public et y être développé, c’était l’affichage du gouvernement de l’époque.

A sa création le capital de la SNET était détenu à hauteur de 18,75 % par EDF et 81,25 % par les CDF.

ACTE 2 : Evolution du capital de la SNET.

La SNET a connu une première ouverture de son capital le 22 février 2001 (Endesa acquiert 30 % des parts détenues par Charbonnages De France).

Une deuxième étape en date du 13 septembre 2004 fait d’Endesa l’actionnaire de contrôle de la SNET, cette deuxième phase (acquisition d’un nouveau bloc de 35%) confère à la SNET le statut de filiale d’Endesa et en même temps celui d’entreprise privée. Les 35 % de parts restantes et détenues par EDF et CDF soit respectivement 18,75 % et 16,25 % devaient revenir à Gaz de France, mais ce dernier n’est plus certain de vouloir entrer au capital de la SNET, un désengagement aussi brutal qu’inattendu, la presse n’a pas manqué d’en faire échos.

ACTE 3 : Le bilan social à la SNET : un « sale temps pour les effectifs ».

Une ancienneté très élevée dans une pyramide des âges fortement déséquilibrée c’est l’instantané révélé par la SNET.

Des effectifs qui fondent à un rythme soutenu (-30,3 % depuis 1998) sur l’ensemble de la SNET, un chiffre beaucoup plus important si de nouveaux métiers, de nouveaux services n’avaient vu le jour (informatique, commerciaux, dispatching, achat, DRH).

Les détachés (personnel au statut mines) qui constituaient 68 % des effectifs totaux en 1998 sont sur le point de passer sous la barre des 10 % à fin 2004, ils ne sont pas remplacés, une véritable aubaine pour Endesa qui s’offre ainsi un plan social « déguisé » et à moindre coût.

Deux sites de production ont été plus particulièrement touchés (Centrale Emile HUCHET et Centrale de Hornaing) ou depuis 1998 le seuil effarant des 50 % est sur le point d’être atteint.

Un véritable dégraissage mené avec zèle par les directions de site, elles n’ont pas hésité à déshabiller des services entiers, pour externaliser plus avant.

Des conditions de travail se dégradant sans cesse, c’est le quotidien des salariés de la SNET, chaque départ entraîne une nouvelle répartition des charges de travail ainsi que le transfert des compétences.

Polyvalence, poly compétence, compagnonnage incessant, secteur géographique d’intervention en constante évolution, explosion des heures supplémentaires à caractère structurel, salariés sous pression constante, voilà le lot du personnel de la SNET. Ils feraient de nous des « caméléons » du travail si d’aventure nous les laissions faire.

Cette fonte dramatique des effectifs engendre une perte de notre savoir-faire, une perte de nos compétences de notre technicité, à ce rythme nous aboutirons à une dégénérescence de notre potentiel technique que le glissement du management technique vers un management prioritairement comptable (gestion budgétaire) est en train d’aggraver.

Le dialogue social devient de plus en plus difficile face au manque de transparence face à l’autoritarisme imposé par ENDESA pour mener à son terme une réduction drastique des coûts, une réduction des effectif et son cortège de réorganisations « sauvages » le tout dans un contexte d’entreprise, qui du fait de son passé, ne possède pas encore de culture d’entreprise propre Les salariés n’ont pas le sentiment d’appartenance à un groupe unique.

La grogne des salariés est à son paroxysme, les nombreux mouvements sociaux passés et à venir ne sont, au final, que le refus d’une gestion sociale d’un autre temps.

ACTE 4 : Quel avenir pour la SNET ?

L’ouverture du capital de la SNET et donc son adossement à ENDESA avait pour ambition de développer l’entreprise c’est du moins de cette manière que nous l’avait présenté nos directions successives et de concert avec nos tutelles.

Aujourd’hui la SNET se retrouve dans une situation préoccupante, avec de nombreuses inquiétudes quand à l’avenir du personnel et des sites.

Entre les études de faisabilité, les appels d’offre, la réalisation proprement dite et les essais de réception avant toute mise en service industriel d’un outil de production, il faut compter plusieurs années (3 à 4 ans) or le temps nous est compté car la fin du contrat nous liant à EDF se profile pour 2009, et avec lui la fin d’un important « cash flow ».

Malgré cela ENDESA n’a toujours pas présenté de projet industriel propre à conforter et pérenniser nos sites de production, pire ENDESA se complaît dans une position frileuse et attentiste, tout l’opposé de l’industriel dynamique tant vanté par les tutelles, tant vanté par les CDF qui en vérité étaient surtout pressés de se débarrasser d’une filiale devenue encombrante.

Le désengagement brutal de GDF ne fait que confirmer et amplifier nos craintes, l’absence de stratégie de la SNET, le coût élevé de l’acquisition au regard du droit de tirage limité (100Mwe) sont les principaux arguments avancés pour expliquer cette volte face. Une question se pose, GDF a-il, in fine, la volonté et la capacité de promouvoir un projet social ambitieux au sein de la SNET ? Nous pouvons en douter au vu des évènements.

De plus la concurrence est un leurre une impasse pour une entreprise comme la SNET, une entreprise pénalisée par sa petite taille, une entreprise dans l’impossibilité de proposer des contrats multi services et multi énergie auprès de la clientèle des éligibles, clientèle qu’elle peine à capter durablement, avec laquelle elle peine à engranger le moindre bénéfice.

A terme la mise en concurrence des entreprises de la branche et de ses salariés débouchera immanquablement sur la mise en pièce des équilibres sociaux et économiques qui prévalaient jusqu’à ce jour. Au vu des seuls effets d’annonces sans lendemain, incohérences et carences de toutes perspectives de développement, de remplacement de nos outils de production dont certains sont déjà en fin de vie, la CGT tire une fois de plus la sonnette d’alarme.

La SNET est-elle uniquement une coquille vide, le laboratoire de la déréglementation et libéralisation du secteur énergétique français ?

La SNET est elle uniquement un cheval de Troie pour ENDESA ?

Les salariés de la SNET réclament un réel projet industriel et des garanties sociales de haut niveau, la CGT continuera avec eux à élever le rapport de force pour obtenir un réel projet industriel propre à conforter nos emplois, nos sites de production, notre avenir avec ou sans ENDESA.

Les tutelles se doivent maintenant de prendre leurs esponsabilités.

Pour la CGT, la SNET à un avenir s’il est décliné en partenariat avec les autres acteurs énergétiques, EDF, GDF, afin d’asseoir une véritable synergie industrielle.

La SNET a toute sa place dans un contexte de complémentarité des outils de production (mix énergétique), de retour d’expérience des centrales, de recherche en matière de combustion propre.

ACTE 5 : Conclusion.

La SNET et ses salariés ont été mis sur le marché de part la volonté des Tutelles et des CDF, mais devaient-ils l’être de cette manière, « sur un étal de braderie », sans garanties aucune pour ses salariés, pour ses sites de production qui contribuent encore à ce jour au dynamisme de 4 régions françaises ?

Pour la CGT la « marchandisation des valeurs humaines » ne doit pas être érigée en dogme sociétal, la rentabilité financière ne doit pas asservir les salariés de la SNET.

Faire évoluer la SNET ce n’est pas seulement des calculs stratégiques, des créations de valeurs ou l’évolution du CAC 40, c’est une science qui consiste à donner aux femmes et aux hommes qui composent ses collèges salariaux l’envie la fierté de travailler ensemble.

Les femmes, les hommes de notre entreprise ne sont pas simplement une ressource qu’il faut gérer, ils constituent en réalité un actif important pour la SNET.

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