Liste des auteurs

Sébastien Ganet - l’Humanité du 9 juillet 2007

Qu’est-ce que le FMI ?

lundi 9 juillet 2007 par Sébastien Ganet
La nomination traditionnelle d’un Européen à la tête de cette institution financière ne change en rien la domination qu’y exercent les États-Unis.

Suggestion directe de Nicolas Sarkozy ou non, la candidature de Dominique Strauss-Kahn comme directeur général du Fonds monétaire international (FMI) n’a pour le moment pas été confirmée par le principal intéressé. Reste que l’hégémonie des États-Unis sur cette institution financière internationale ressort à travers la lecture aussi bien de son histoire que de son fonctionnement.

Le FMI est né des accords de Bretton Woods au lendemain de la Seconde Guerre mondiale (22 juillet 1944). Alors que se mettaient en place les aides du plan Marshall (juin 1947), le Fonds a été pensé comme un instrument de la puissance économique des États -Unis. Son évolution historique ultérieure est liée à trois « phénomènes majeurs : la fin des changes fixes, la crise d’endettement des pays en développement et la globalisation financière », explique Nasser Mansouri-Guilani [1]. La fin des changes fixes est liée au remplacement de l’or par le dollar comme étalon monétaire mondial, faisant du billet vert une « monnaie mondiale », selon Jean-Claude Delaunay [2]. Le deuxième phénomène est lié aux politiques dites « d’ajustement structurel » imposées par le FMI aux pays en développement endettés (années 1970 et 1980). Le dernier phénomène, la globalisation financière, a placé le FMI comme l’un des garants de la stabilité des marchés de capitaux mondiaux, suite aux crises financières qui ont secoué la planète durant la décennie 1990.

Aujourd’hui, « le Fonds monétaire international fonctionne comme une société de capitaux », analyse Nasser Mansouri-Guilani. Le capital du FMI, c’est-à-dire ses ressources, est constitué essentiellement des quotes-parts versées par les 185 pays membres, soit au total plus de 327 milliards de dollars. Comme l’indiquent les statuts du Fonds, « la quote-part détermine en grande partie l’influence qu’exerce le pays membre dans les décisions du FMI ». En contribuant à hauteur de 56 milliards, les États-Unis apportent 17,1 % des ressources et disposent ainsi de 16,83 % du total des voix attribuées. Viennent ensuite le Japon et l’Allemagne avec 6,5 % du capital chacun. La France, comme [le Royaume-Uni-> mot 52, en possède 5,1 %. Après l’Italie et le Canada viennent la Chine et la Russie avec respectivement 3,02 % et 2,8 %. Au total, ces neuf pays possèdent plus de 50 % du capital.

[1] Nasser Mansouri-Guilani a écrit la Mondialisation à l’usage des citoyens, Éditions de l’Atelier & Éditions ouvrières, Paris (2004).

[2] Jean-Claude Delaunay a écrit le Dollar, monnaie mondiale, Éditions de la Fondation Gabriel-Péri (juin 2006).

Version imprimable de cet article Version imprimable

Forum de l'article

Aucune réaction pour le moment!
Répondre à cet article
 
Propulsé�par SPIP 1.9.2b | Suivre la vie du site  RSS 2.0 | Navigateur conseille Get Firefox! espace prive | Téléchargez le Squelette du site

CSS Valide !