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Un article de Émilie Rive paru dans L’Humanité du 16 juin 2006

Quand la précarité s’étend

vendredi 16 juin 2006 par Émilie Rive
Pauvreté . Une enquête auprès des bénéficiaires des banques alimentaires montre un environnement social toujours plus dégradé.

L’Institut CSA vient de réaliser, à la demande des banques alimentaires, le premier sondage sur les personnes accueillies par les associations et sur les attentes de leurs partenaires. Pour en tirer, finalement, la confirmation des nouvelles orientations qui seront débattues lors du congrès des banques, en octobre prochain. « Ce qui nous frappe, d’emblée, remarque Pierre de Poret, président, c’est un environnement social qui se dégrade. La demande est en augmentation. Les personnes les plus fragiles (moins de vingt-cinq ans, plus de soixante-dix ans) -représentent à elles seules plus d’un quart des bénéficiaires. Les familles monoparentales sont surreprésentées. Nous avons aussi affaire à des personnes qui travaillent, ou ont travaillé, et devraient avoir des revenus suffisants pour vivre. Nous joignons donc notre voix à celle du réseau Alerte. On ne peut plus continuer comme cela. »

Une moitié des bénéficiaires des aides le sont - depuis moins d’un an, 5 % depuis plus de dix ans. Ils sont à 72 % de nationalité française et à 16 % des retraités. Moins d’une personne sur dix est sans logement. Sur ces statistiques nationales, l’Île-de-France occupe une place à part. Dans cette région, 48 % ont moins de dix-huit ans, et 58 % sont étrangers, - venant pour moitié de pays hors Union européenne.

Le deuxième constat rejoint nettement la préoccupation des banques, qui est que la nécessité d’action dépasse le cadre de la distribution de denrées : action sociale, développement de la santé, de l’aide à la réinsertion, de l’accompagnement... « Il s’agit d’adapter l’aide à chaque personne, en action combinée avec les travailleurs sociaux, pour éviter la tentation de l’assistanat, poursuit Pierre de Poret. Il faut donc accentuer nos actions de formation à destination des bénévoles. Mais, en même temps, on ne peut passer sous silence le manque de moyens des associations pour répondre en terme de qualité et de quantité à la demande. Pour distribuer des produits frais et des surgelés, il faut des locaux et des moyens adaptés. Nous interpellons donc les pouvoirs publics, qui ont délégué leurs actions sociales, mais qui se soucient assez peu des conditions dans lesquelles celles-ci s’exercent. Ils doivent donner les moyens à nos partenaires, ne pas les laisser se débrouiller seuls. Ils sont responsables. »

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