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Paul Falzon | L’Humanité du 2 mars 2007

Quand les Vingt-Sept redécouvrent le social

vendredi 2 mars 2007 par Paul Falzon
Politique . Multiples initiatives pour ne pas laisser le marché seul maître dans l’UE. Avec l’objectif de faciliter la relance de la constitution européenne.

Un vent nouveau serait-il en train de pousser l’Europe vers plus de social ? En quinze jours, trois initiatives ont appelé l’UE à se tourner plus résolument sur les conditions de vie de ses - citoyens, pour mieux prendre en compte le malaise qui s’est exprimé lors du double « non » français et néerlandais à la constitution.

La dernière de ces initiatives est aussi la plus anecdotique. Lundi, la Commission a publié un document se voulant un tableau de la « réalité - sociale » de l’UE. Rien de révolutionnaire dans ces quelques feuillets publiés avec un luxe de mises en garde (« Le rapport ne reflète pas nécessairement l’opinion de la Commission européenne »), mais des constatations de bon sens sur les dangers pesant sur le « lien social » et le « modèle social européen » si les politiques économiques, et avant tout la flexibilisation du marché du travail, ne s’accompagnent d’un meilleur suivi de populations toujours plus précarisées. On notera que ce document est le résultat d’une consultation lancée par la Commission pour donner naissance à un « projet citoyen » européen, censé répondre aux attentes exprimées par le « non ».

Les deux autres initiatives sont d’une tout autre ampleur, puisqu’elles viennent directement d’États membres. Il y a quinze jours, neuf pays dont la France [1] ont lancé un appel demandant « un nouvel élan pour l’Europe sociale ». Leur déclaration commune affirme que l’UE « ne peut pas se - réduire à une zone de libre-échange, mais qu’elle doit - assurer l’indispensable équilibre entre la liberté économique et les droits sociaux ». Le groupe des Neuf préconise ainsi l’adoption de normes sociales minimales applicables dans toute l’Union. Une semaine plus tard, le Portugal et la Finlande, soutenus depuis par la Suède, ont lancé leur propre appel demandant un « renforcement » du « modèle social européen ».

Si l’on y regarde de plus près, ces deux initiatives ont un but commun : faciliter la relance du traité constitutionnel en montrant aux citoyens la « plus-value » de l’UE. « Il est nécessaire de lier la relance de l’Europe sociale à la reprise

de la dynamique institutionnelle », affirme le texte du groupe des Neuf. L’Allemagne, qui n’est signataire d’aucun de ces textes, a été « étroitement informée », par la France notamment. Les initiatives en faveur de « l’Europe sociale » nourrissent les efforts du gouvernement Merkel à quelques semaines d’un sommet de Berlin qui sera marqué par une déclaration sur les cinquante ans du traité de Rome. De source diplomatique, la présidence allemande tenterait d’en profiter pour obtenir un engagement des 27 sur plusieurs projets ayant trait au - social, dont la création de minima en matière de protection sociale, afin de rassurer les - citoyens, français, notamment, et de faciliter l’adoption d’un nouveau traité constitutionnel. Mais les Britanniques, entre autres, seraient hostiles à tout engagement sur le sujet.

[1] Belgique, Bulgarie, Chypre, Espagne, France, Grèce, Hongrie, Italie, Luxembourg.

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