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Michel Lallier | L’Humanité du 25.03.2011

Quelles garanties pour assurer la sûreté nucléaire ?

lundi 11 avril 2011 par Michel Lallier

Les moyens techniques et humains engagés aujourd’hui sont-ils suffisants ?

Sur le plan technique, des progrès ont été réalisés durant ces vingt dernières années suite au retour d’expérience de TMI et de Tchernobyl, mais le vieillissement des centrales pose aujourd’hui d’autres problèmes qu’il reste à résoudre. La sûreté nucléaire ce n’est pas que du technique, c’est le travail des Hommes qui garantie la sûreté. Il faut donc que les conditions de ce travail soient propices. Cela concerne autant les dimensions sociales, organisationnelles, les conséquences du recours à la sous-traitance, le style de management, les choix de gestion etc.. que les dimensions Humaines comme les compétences, la formation, les effectifs, les relations de travail, la reconnaissance etc… et sur ces points il est clair qu’aujourd’hui toutes ces dimensions de la sûreté sont fragilisées par les politiques de réduction des coûts d’exploitation. Il faut par exemple réinternaliser les opérations de maintenance sur les matériels importants pour la sûreté. Il faut aussi donner un statut social unique avec un haut niveau de garanties collectives pour les sous-traitants.

La transparence est-elle une garantie ?

Elle est indispensable, mais pas suffisante : l’information du public et des travailleurs doit aussi s’accompagner du pouvoir d’intervention et de participation sur les choix et les décisions. L’ASN effectue un contrôle réglementaire et technique des installations nucléaire, ce contrôle doit être complété par un contrôle social, c’est la conjonction des deux qui constituera alors la vraie garantie. Cela nécessite un renforcement des prérogatives des salariés comme par exemple un droit d’opposition des CE et des CHSCT, un droit d’expertise sur la sûreté. Cela necessite aussi le renforcement du pouvoir d’intervention des citoyens, autant sur le plan des stratégies énergétiques que sur le plan des choix technologique et sociaux concernant le nucléaire.

Y a-t-il contradiction entre les intérêts des groupes industriels et les exigences de sécurité ?

Pour la CGT la recherche d’une sûreté maximum ne s’accorde pas avec la recherche du profit. Comment imaginer que des exploitant nucléaire puissent concilier le temps industriel, forcement long dans le nucléaire, avec la recherche du profit à court terme si ce n’est précisément qu’en réduisant les coûts d’exploitation et donc en économisant sur la maintenance et le personnel ? avec au bout de la chaine des risques accrus en matière de sûreté. TEPCO au japon illustre parfaitement cette situation avec les exemples connus de dissimulations et ses probables tergiversations sur la situation de FUKUSHIMA. Les événements de 2008 ou la SOCATRI, dans la drome, a rejeté des effluents contaminés sont également là pour nous rappeler qu’en France aussi la filière du combustible et retraitement nucléaire n’est pas a l’abri.

Pour la FNME CGT , l’électricité n’est pas une marchandise comme une autre et le nucléaire doit être dégagé de la notion de profit. L’acceptabilité du nucléaire par la nation, l’adéquation d’un mix énergétique optimisé pour garantir une énergie la moins chère pour toutes et tous, est intimement lié à la « garantie » de l’état et au rôle de service public. C’est pourquoi la FNME CGT propose un Pole Public au sein duquel, usagers, élus, professionnel et salariés du secteur pourraient définir les besoins et maitriser les choix.

Michel LALLIER Membre CGT au HCSTN (Haut comité pour la sûreté et la transparence nucléaire)

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