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Bernard Duraud | L’humanité du 25.10.2007

Quito sur le seuil de l’OPEP

vendredi 26 octobre 2007 par Bernard Duraud
Équateur . Quinze ans après son retrait, le pays andin devrait être réintégré dans l’organisation pétrolière en novembre.

L’Équateur est au seuil de l’OPEP et pourrait prochainement devenir son 13e membre. Quito en effet vient d’être invité au sommet du cartel, les 17 et 18 novembre prochain en Arabie saoudite. L’OPEP, qui vient tout juste d’accueillir l’Angola, est décidée à étendre son influence et semble disposée désormais à rouvrir ses portes à l’Équateur quinze ans après son retrait. Fort d’une production de 530 000 barils/jour (5e producteur d’Amérique latine), l’Équateur avait tourné le dos à l’organisation pétrolière faute de pouvoir remplir ses quotas et laissant des arriérés de paiement de près de 4 millions d’euros.

Après son élection à la présidence en novembre 2006, Rafael Correa avait émis le voeu de ramener son pays au sein du cartel. Et Quito a annoncé la semaine dernière que le ministre des Mines et du Pétrole, Galo Chirboga, avait adressé une lettre en ce sens au secrétaire de l’OPEP via son ambassade à Vienne. La décision reviendra donc à la conférence des États membres (Algérie, Angola, Arabie saoudite, Émirats arabes unis, Indonésie, Iran, Irak, Koweït, Libye, Nigeria, Qatar et Venezuela).

La démarche équatorienne pourrait être le prélude à d’autres intégrations de pays latino-américains, comme la Bolivie. Elle devrait en tout cas permettre à Quito d’augmenter ses moyens de pression sur les compagnies pétrolières. Victorieux lors de l’élection à l’Assemblée constituante, en septembre dernier, Rafael Correa dispose des coudées franches pour reprendre le contrôle du pétrole et desserrer l’étau du pouvoir de lobby des entreprises pétrolières.

Le 4 octobre, les contrats pétroliers ont été modifiés, l’État recevant 99 % des bénéfices « extraordinaires » tirés de la vente de pétrole dus à la flambée des prix du brut (gains escomptés environ 600 millions d’euros supplémentaires). En 2006, le gouvernement du président Palacio avait déjà réduit de 50 % les profits des compagnies pétrolières dus aux variations du cours du brut. Mesure qui alors avait provoqué la colère des États-Unis, présents en Équateur avec la toute-puissante compagnie Occidental Pétroleum (Oxy). En représailles, Washington avait « suspendu » le traité de libre - commerce avec l’Équateur.

Correa a annoncé la nouvelle loi au moment où son gouvernement renégocie les contrats avec cinq multinationales étrangères (France avec Perenco, Brésil, Etats-Unis, Espagne et Chine). Son objectif est de mettre fin à une situation ou sur « 100 barils de pétrole extrait, il ne reste au pays que 46 à 48 barils ». La compagnie nationale Petroecuador compte pour 37 % dans l’extraction du brut. Difficiles négociations en perspective qui pourraient bien à l’arrivée renforcer les liens avec le Venezuela (PDVSA), voire faire le jeu du Brésil (Petrobras).

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