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Un article de Christophe Deroubaix paru dans L’Humanité du 17 octobre 2005

RTM : le tramway de la discorde

lundi 17 octobre 2005 par Christophe Deroubaix
Treizième jour de grève des traminots de la Régie des transports de Marseille contre l’ouverture à la concurrence de l’exploitation de la future ligne de transport.

Les salariés de la Régie des transports de Marseille (RTM) entrent, ce lundi, dans leur treizième jour de grève. La colère des traminots tient en trois lettres : DSP, pour délégation de service public. À travers cette procédure, Jean-Claude Gaudin, maire UMP de Marseille et président de la communauté urbaine (Marseille Provence Métropole, MPM), a en effet décidé d’ouvrir à la concurrence l’exploitation de la future ligne de tramway. Pour répondre à l’appel d’offres lancé, la RTM s’est alliée avec Connex, filiale spécialisée dans les transports de Veolia Environnement (ex-Vivendi) et dirigée par un proche de Jacques Chirac, qui vient d’entrer dans le capital de la SNCM à hauteur de 28 %. Pour l’ensemble des organisations syndicales qui ont appelé à ce mouvement de grève, l’alliance avec Connex est le premier pas vers une privatisation de la RTM.

Selon Jean-Claude Gaudin, l’objectif est de bénéficier de l’expérience de Connex en matière d’appel d’offres et de partager le risque financier sur les prévisions de fréquentation du tramway. Deux arguments qui font bouillir les représentants des salariés. « Une société privée va cogérer avec la RTM un tramway tout neuf, qui va attirer du monde, estime Alain Vercellone, secrétaire du syndicat CGT de la RTM. Il n’y a aucun risque et tous les bénéfices iront au privé, alors que la RTM va garder un métro vieillissant et des bus qui n’ont quasiment aucune voie réservée. » La RTM dispose de « 130 années d’expérience en matière de transports publics à Marseille », rappellent, en choeur, les syndicats.

Dans un premier temps, Jean-Claude Gaudin a assuré que Bruxelles l’obligeait à cette introduction du privé dans la gestion des transports publics. Pressé par Robert Bret, président du groupe communiste à MPM, d’exciper les textes, le sénateur et maire de Marseille a fait volte-face, prétendant ensuite que l’obtention d’un prêt auprès de la banque européenne d’investissement (BEI) impliquait l’ouverture à la concurrence. Patatras, le vice-président de la BEI précise que pour obtenir un prêt, la concurrence est préférable... mais pas obligatoire.

À court d’arguments pour justifier sa politique, Jean-Claude Gaudin refuse les « négociations sérieuses » que lui demandent les syndicats tandis que le directeur général de la RTM parle de grève « abusive et dangereuse ». Le dernier conflit marquant à la RTM, en 1995, avait duré cinquante-quatre jours.

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