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Article de Béatrice Taupin Publié dans Le Figaro le 23 novembre 2006

Reclassement des chômeurs : les bienfaits de la concurrence

jeudi 23 novembre 2006 par Béatrice Taupin
L’ANPE affiche un meilleur rapport qualité-prix que les opérateurs privés.

VIVE la concurrence ! Depuis que la loi Borloo a fait voler en éclats le monopole de placement de l’ANPE, la rivalité entre l’Agence pour l’emploi et l’Unedic, organisme dont la vocation première est l’indemnisation des chômeurs, bat son plein, chacun se targuant d’obtenir de meilleurs résultats que l’autre dans le reclassement des chômeurs.

Hier, le jour même où le bureau de l’Unedic était réuni pour décider un nouvel appel d’offres à des opérateurs privés pour des licenciés économiques en convention de reclassement personnalisée - finalement reporté - l’Agence pour l’emploi publiait les résultats d’une étude de son observatoire. Et que dit cette étude ? Que l’accompagnement des chômeurs réalisé par l’ANPE a un meilleur rapport qualité-prix que celui de l’Unedic et des opérateurs privés (Altedia, BPI, Ingeus, et Adecco), expérimenté en 2005 auprès de 7 000 chômeurs avant d’être tout récemment étendu à 17 opérateurs, cette fois, pour 40 000 chômeurs.

Réalisée entre mai et septembre 2005, l’enquête porte en fait sur 3 900 chômeurs suivis par le privé et 300 000 chômeurs accompagnés par l’ANPE au travers de l’un de ses deux dispositifs particuliers (l’accompagnement « projet » pour l’aide à la construction d’un projet professionnel et l’accompagnement à la « recherche » d’emploi).

Bruxelles pour la « flexsécurité »

Au-delà des caractéristiques un peu différentes des publics suivis par l’ANPE d’une part, et les opérateurs privés de l’autre (tous indemnisés, plus diplômés et généralement en début de chômage, mais avec un fort risque de chômage de longue durée), l’enquête montre des résultats de reclassement comparables. « À neuf mois, près de 55 % des bénéficiaires des divers accompagnements sont sortis au moins une fois, et environ 43 % sont absents des listes du chômage » souligne l’enquête. Mais le reclassement par l’ANPE coûte nettement moins cher : 760 euros pour l’accompagnement « projet » et 690 euros pour un accompagnement « recherche », contre 2 300 en moyenne pour l’intervention d’un opérateur privé (mais jusqu’à 4 000 dans le cas d’une reprise d’emploi de plus de six mois et 5 000 pour un chômeur de plus de 50 ans). En outre, selon une autre enquête de l’Agence, les différentes prestations de l’ANPE « rendent les sorties du chômage plus pérennes ».

Cette aide personnalisée au reclassement est l’un des outils de la flexsécurité, concept très en vogue auquel viennent de se rallier l’OCDE et, hier, Bruxelles. Selon la Commission, les 25 États membres devraient faciliter le recrutement et le licenciement des salariés, tout en leur offrant une meilleure protection sociale en cas de perte d’emploi. Dans un livre vert présenté hier - l’équivalent d’un document politique d’orientation dans le jargon bruxellois - le commissaire européen aux Affaires sociales, Vladimir Spidla, a fait sien ce concept censé apporter croissance et prospérité à l’UE et permettre de lutter à armes égales face aux économies émergentes, en particulier asiatiques.

« Ces dispositions plus flexibles sont vitales pour se confronter aux effets de la globalisation et lutter contre le vieillissement démographique observé sur nos marchés du travail », a déclaré Spidla. Les partenaires sociaux européens sont appelés à débattre du document dans les quatre mois qui viennent, avant que la Commission ne dépose des propositions plus concrètes sur le droit du travail, probablement en mars 2007. Les compétences sociales de l’Europe restent néanmoins très limitées.

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