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Nathalie Brafman | Le Monde le 16.12.2007

Renault veut créer une instance sur les conditions de travail

dimanche 16 décembre 2007 par Nathalie Brafman

La direction de Renault tente par tous les moyens d’améliorer les conditions de travail au Technocentre de Guyancourt, dans les Yvelines, où trois salariés se sont suicidés entre octobre 2006 et février 2007, ainsi que sur ses trois autres sites d’ingénierie.

L’entreprise a placé ces quatre sites sous une direction commune et présenté des mesures pour mieux maîtriser le temps de travail. Elle a aussi lancé une "journée de l’équipe" censée favoriser le dialogue entre les salariés et autorisé la réalisation d’une enquête indépendante sur les conditions de travail.

Mercredi 19 décembre, les délégués syndicaux sont appelés à se prononcer sur la création d’une nouvelle instance pour une durée d’un an - une commission paritaire - dont l’objet est d’améliorer les conditions de vie et de travail des équipes de ces sites.

L’objectif de cet accord est de créer un cadre nouveau de réflexion et d’échanges avec les organisations syndicales représentatives. Tous les thèmes concernant les conditions de travail seront abordés : bien-être, maîtrise du temps et de la charge... "Au début, la direction des ressources humaines ne voulait pas que ces deux thèmes soient évoqués", se souvient Vincent Neveu, délégué CGT.

"ÇA BOUGE VRAIMENT"

Les syndicats sont partagés. "On hésite à signer, mais on ne veut pas non plus être en dehors du coup", explique Alain Guéguen délégué de SUD. Les syndicats savent aussi qu’ils auront du mal à expliquer aux salariés pourquoi ils refusent de participer à une instance supplémentaire après être montés au créneau pendant des mois sur les conditions de travail. "C’est une opportunité à saisir", reconnaît Fred Dijoux, délégué central CFDT.

"C’est la première fois en dix ans qu’il y a une vraie négociation, où ça bouge vraiment", se félicite M. Neveu. Cependant le syndicat ne veut pas jouer les Candide. "On sent bien que la direction veut évoluer. Pour autant, on ne soutiendra en aucun cas des décisions prises de manière unilatérale", soutient-il. Les syndicats ne sont pas dupes non plus. Ils sentent bien que la direction tente tout ce qui est possible pour "reprendre la main".

Hasard du calendrier, jeudi 13 décembre, le Technocentre de Guyancourt a reçu la visite de Xavier Bertrand, ministre du travail, pour évoquer la question du suicide au travail avec la direction et les syndicats.

Prévue pour durer une vingtaine de minutes, cette rencontre, qui avait été organisée à la demande du ministre, s’est longuement poursuivie. "Il a été attentif à nos propos", affirme M. Neveu. "Nous lui avons dit que si l’on veut mieux prévenir ce sujet gravissime qu’est le suicide lié au travail, nous devons sortir du cadre fortuit et compatissant qu’on nous propose d’emblée pour accepter l’existence du lien entre l’intensification du travail et la souffrance ou la mort au travail", souligne M. Guéguen.

M. Bertrand n’a pas souhaité commenter cette réunion. Il était venu sans photographe, sans caméra et sans journaliste.

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