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Un article de Fanny Doumayrou paru dans L’Humanité du 7 septembre 2005

Répression antisyndicale Nouveau mauvais coup à Citroën-Aulnay

jeudi 8 septembre 2005 par Fanny Doumayrou
La direction de l’usine Citroën d’Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) maintient le licenciement du secrétaire de la CGT et annonce également la suppression de 650 emplois sur son site.

Après la trêve estivale, la mobilisation reprend à l’usine Citroën d’Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) pour défendre le secrétaire du syndicat CGT Philippe Julien, menacé de licenciement. Un rassemblement est organisé aujourd’hui aux portes de l’entreprise à l’heure du changement d’équipe, de 14 à 15 heures, en présence de représentants de l’union départementale CGT et de la Fédération CGT de la métallurgie, pour soutenir le militant et s’opposer à la volonté du groupe Peugeot-Citroën de « casser la dynamique revendicative ».

C’est en effet en réplique à une série de grèves qui ont éclaté depuis un an dans l’usine, tant chez les salariés Citroën que chez les sous-traitants, que la direction tente de décapiter le syndicat qui organise ces mouvements. En juin, en pleine grève des salariés du sous-traitant ENCI, elle a saisi l’occasion d’une altercation entre cadres et cégétistes pour faire porter le chapeau à Philippe Julien et lancer contre lui une procédure de licenciement pour faute. L’entretien préalable a eu lieu le 11 juillet. Début août, la direction a transmis le dossier à l’inspecteur du travail, qui a commencé la semaine dernière son enquête pour établir si le licenciement relève de la discrimination syndicale.

L’été a été riche en mauvais coups, puisque fin juillet, à la veille des congés, la direction a aussi annoncé la suppression de 650 emplois sur le site. Fin octobre, l’équipe de nuit, déjà divisée par deux il y a un an, disparaîtra totalement. La production passera alors de 1 500 véhicules par jour à 1 200. Comme d’habitude, la réduction d’effectifs touchera d’abord les 700 intérimaires présents sur le site, qui seront presque tous mis en fin de mission. Les « embauchés » de nuit passeront en travail de jour et perdront à terme leur prime de nuit (300 euros). Il n’y aura pas de licenciements. « Il y a un mois, la direction nous annonçait que le site d’Aulnay est le plus performant du groupe, et se place en tête du peloton européen des usines automobiles, tous constructeurs confondus, dénonce Jean-Pierre Mercier, délégué CGT. Ce plan social déguisé ne s’explique pas par des difficultés économiques. Pour des raisons de stocks, le groupe a besoin de produire moins pendant quelque temps. Le plan lui permet de réduire la masse salariale et d’augmenter la productivité, car il pourra faire certaines opérations de maintenance la nuit, et nous faire travailler à fond la journée. On travaille déjà sans répit, en sous-effectif permanent. »

Philippe Julien interviendra à la Fête de l’Humanité dans un débat sur la démocratie syndicale, samedi à 15 heures au stand de Noisy-le-Sec, ainsi que le jeudi 15 septembre lors du meeting CGT de Maryse Dumas à la Mutualité, à Paris.

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