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Un article de Yves Housson paru dans l’Humanité du 24 février 2005

Retraite : Le MEDEF le pied sur le frein

vendredi 25 février 2005 par Yves Housson
Lors de la séance de négociation sur la pénibilité du travail, les représentants du patronat ont montré leur réticence à ouvrir un droit à la retraite anticipée.

La première séance de négociation sur la pénibilité au travail a donné lieu à une confrontation serrée entre syndicats et patronat. D’emblée, ce dernier a tenté de minimiser la gravité du problème. L’augmentation des maladies professionnelles, mise en évidence par les statistiques de la Sécurité sociale, ne refléterait pas, selon lui, une dégradation de l’état de santé des salariés mais seulement « une meilleure reconnaissance » de ces pathologies. Autrement dit, il serait vain de mettre en cause les employeurs et les conditions de travail qui, au demeurant, affirme le MEDEF avec un bel aplomb, « n’ont cessé de s’améliorer ». Et les représentants patronaux d’invoquer les statistiques montrant l’allongement de l’espérance de vie, en passant allégrement sur les fortes variations de ce progrès, selon les catégories socioprofessionnelles. Rappelons qu’à 60 ans, un ouvrier a une espérance de vie inférieure de cinq ans, en moyenne, à celle d’un cadre. Les syndicats ont également eu « des difficultés », a indiqué Michèle Biaggi, déléguée de FO, à « faire admettre » à leurs interlocuteurs la nécessité de prendre en compte toutes les formes de pénibilité : un état des lieux, qui devrait être réalisé d’ici la prochaine réunion le 23 mars, devrait pourtant faire apparaître, parallèlement à la persistance de formes de pénibilité physique, l’augmentation de la charge mentale et ses conséquences sur la santé.

La séance d’hier a aussi confirmé des divergences sur les objectifs à poursuivre dans cette négociation. Si tout le monde est d’accord pour souligner l’importance de la prévention, le MEDEF a laissé transparaître sa réticence à prendre en compte la pénibilité dans le droit à la retraite. C’est pourtant la mission expressément fixée à ces pourparlers par la loi Fillon sur les retraites, comme l’a rappelé Jean-Christophe Le Duigou, au nom des négociateurs CGT. La prévention faisait déjà partie des engagements des employeurs dans l’accord interprofessionnel signé en... 1975 sur le même sujet. Sans résultats probants, selon toute évidence. Dans ces conditions, ouvrir un droit au départ anticipé en retraite pour travaux pénibles serait un bon « moyen de faire de la prévention », pour « ne pas se retrouver dans trente ans avec les mêmes résultats », observe Jean-Christophe Le Duigou. Le MEDEF « fait l’impasse » sur le sujet, mais « il faudra bien faire le lien entre pénibilité et retraite », renchérit Joseph Touvenel, pour la CFTC. Bref, comme on pouvait s’y attendre, le patronat, selon la formule du responsable CGT, « rentre dans cette discussion le pied sur le frein », et il va donc « falloir que les salariés fassent entendre leurs préoccupations légitimes ».

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