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Un article de Yves Housson paru dans l’Humanité du 26 janvier 2005

Retraite et travaux pénibles

mercredi 26 janvier 2005 par Yves Housson

Prévue par loi sur les retraites du 13 août 2003, la négociation interprofessionnelle sur la pénibilité du travail, et sa prise en compte dans le droit à la retraite, et sur la gestion des âges (ou l’emploi des seniors) arrive enfin sur l’agenda. Une première séance plénière de pourparlers avec tous les syndicats et le patronat est prévue pour le 11 février. D’ici là, pour préparer ce rendez-vous, le MEDEF rencontrera séparément chacune des confédérations : la CGC aujourd’hui, la CFDT vendredi, FO et la CGT le 4 février, la CFTC le 10. L’échéance est très attendue.

En 2003, le gouvernement a soigneusement évité d’aborder le sujet des travaux pénibles et leur impact sur la retraite, se contentant de renvoyer à une négociation « dans un délai de trois ans ». Tout juste a-t-il consenti à ouvrir - et encore sous des conditions très restrictives - un droit au départ anticipé aux salariés ayant commencé à travailler très tôt. La problématique de la pénibilité est beaucoup plus vaste. À l’âge de trente-cinq ans, un ouvrier non qualifié a déjà une espérance de vie inférieure de sept ans à celle d’un cadre supérieur. L’institution d’un droit au départ anticipé pour travaux pénibles serait donc une mesure de justice, d’égalité élémentaire. Jusqu’alors, le patronat s’y est refusé, préférant recourir à des mesures d’âge qui relevaient de la gestion de l’emploi et lui permettaient d’ajuster les effectifs à sa guise.

La négociation devra déboucher sur une définition

de la pénibilité et prévoir le financement de cette retraite anticipée. Mais elle devra aussi aborder les indispensables mesures de prévention, pour avancer vers l’élimination des causes de la pénibilité. À partir d’un cadre commun ainsi élaboré, il reviendra ensuite à des discussions par branche professionnelle de préciser les modalités de mise en oeuvre du nouveau droit. Même si le sujet est évidemment lié au précédent, syndicats et patronat traiteront distinctement de l’emploi des seniors. Alors que l’âge moyen de cessation d’activité est actuellement de cinquante-sept ans et demi, les salariés se retrouvant alors, le plus souvent malgré eux, au chômage, en incapacité de travail ou en préretraite, il s’agit, selon la CGT, de « permettre à tout salarié de travailler en bonne santé jusqu’à l’âge de la retraite ». Et non pas, comme semble le vouloir le MEDEF, de viser le cumul emploi-retraite dans le but de compenser la baisse du niveau des pensions.

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