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Marie Vilain | Libération le 23.05.2008

Retraites : à Paris, une manif de 7 à 77 ans

samedi 24 mai 2008 par Marie Vilain
Plusieurs dizaines de milliers de manifestants à Paris, 700.000 dans le pays selon la CGT, ont défilé cet après-midi contre l’allongement de la durée de cotisation.

70 000 personnes selon la CGT, 28 000 selon la police. À Paris, de la place de la Bastille à l’église Saint-Augustin, les manifestants ont répondu à l’appel des syndicats pour défendre les retraites et s’opposer à l’allongement de la durée de cotisation. Dans le cortège, tous les corps de métiers possibles et imaginables sont représentés : fonctionnaires, métallurgistes, personnels de mairies, postiers, enseignants, infirmières, personnel pénitencier… Impossible de les citer tous.

Les syndicats rivalisent de couleurs : CFTC en bleu, CFDT en orange, casquettes et chasubles blanches pour la CFE-CGC, les incontournables drapeaux rouges de la CGT en tête de la manifestation, etc. Le ballon rouge du Parti communiste flotte au-dessus des têtes, Olivier Besançenot discute un peu plus loin, Jussieu a ressorti sa très fameuse banderole rouge « Jussieu en lutte ».

Dans les rangs de la manifestation, on compte aussi des sans-papiers qui demandent des régularisations et, pourquoi pas, des retraites : « Nous travaillons, nous cotisons, mais aura-t-on une retraite un jour ? » s’interroge Sounara Ehamouna de la Coordination 75.

Un slogan revient régulièrement : « La retraite à 60 ans : on s’est battu pour la gagner, on se battra pour la garder ». Et les quinquagénaires sont loin d’être les seuls à le scander. Les jeunes sont venus nombreux.

Les lycéens ferment le cortège. Ils sont assez peu nombreux, examens imminents obligent. Difficile de s’imaginer qu’ils pensent déjà à leurs retraites. « On est là pour protester contre les suppressions de poste dans l’Education, toujours. Mais aussi pour les retraites. Ça nous concerne parce qu’on voudrait bien ne pas travailler trop longtemps et avoir une retraite convenable. Et puis dans quelques années c’est nous qui allons les payer les retraites ! » explique Rogeni.

À 16 heures, ils sont toujours assis place de la Bastille. Non loin des enseignants, ils attendent le départ, ajustent leurs panneaux et leurs autocollants à l’effigie de Mai 68.

Claude Blotron se réjouit de leur présence. Il fête aujourd’hui ses 76 ans. « Je lutte depuis soixante ans, maintenant c’est à eux de continuer, c’est au tour de la jeunesse ». Il était déjà là, quarante ans plus tôt et parle de Mai à qui veut l’entendre, de la nostalgie plein les yeux.

Dans le cortège de la CGT Transports, les stewards et les hôtesses de l’air ont sorti les perruques blanches, les béquilles, et les pantoufles. Ils se sont dessinés des cernes au crayon. « On veut que soit prise en compte la pénibilité du travail. Dans nos métiers, il y a énormément d’accidents du travail : otites, paludisme, maladies tropicales en tous genres, endormissements sur la route quand on rentre, sans compter le décalage horaire, la désocialisation… C’est difficile d’être toujours en décalage, pour nous mais aussi pour nos familles » raconte Emmanuel Tillon, steward chez Air France.

Les syndicats comptaient sur plusieurs centaines de milliers de manifestants. La CGT estimait en milieu d’après-midi à 700 000 le nombre de personnes à s’être mobilisées en France contre l’allongement de la durée de cotisation à 41 ans. La police a de son côté donné le chiffre de 296.000 manifestants au total.

Pendant ce temps-là à Tours, Laurence Parisot, présidente du Medef, posait la question : « Est-ce si catastrophique que ça de partir à la retraite à 63 ans et demi ? »

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