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Olivier Auguste | Le Figaro le 13 mars 2007

Retraites : les femmes touchent 38% de moins que les hommes

mardi 13 mars 2007 par Olivier Auguste
Pour le conseil d’orientation des retraites, le système répond mal à l’évolution des comportements, comme le travail féminin ou la hausse des divorces.

Après son rapport remarqué où il soulignait la nécessité d’augmenter le taux d’activité des seniors et prônait un réexamen des régimes spéciaux, le conseil d’orientation des retraites (COR) se penche sur l’égalité entre hommes et femmes. Un premier document de travail donne un aperçu des enjeux. « Les pensions des femmes demeurent inférieures de 38 % en moyenne à celles des hommes », y lit-on. Et encore, cet écart tient compte des pensions de réversion (attribuées aux veufs et surtout aux veuves). « Les pensions de droit direct sont en moyenne deux fois moins élevées pour les femmes que pour les hommes » et ces disparités « ne devraient pas disparaître à un horizon prévisible ». Cela tient en grande partie aux écarts de rémunération pendant la vie active : les femmes sont, certes, de plus en plus nombreuses à travailler, mais, plus fréquemment que les hommes, elles interrompent (temporairement ou définitivement) leur carrière, elles travaillent à temps partiel. Et leurs salaires horaires restent, en moyenne, inférieurs.

Concubins et « pacsés » exclus de la réversion. « Tant que la plupart des gens vivent en couple, il n’y a pas beaucoup d’inégalités entre hommes et femmes en termes de niveau de vie », observe le COR. Mais, outre le veuvage, les divorces sont devenus fréquents, alors qu’ils étaient marginaux lors de la construction du système de retraites, après guerre. Le nombre de femmes vivant seules à leur départ en retraite augmente donc. Enfin, certains dispositifs comme la majoration de la durée d’assurance des mères (deux ans par enfant) « doivent se conformer au droit européen, qui interdit désormais de réserver formellement le bénéfice d’un avantage familial aux femmes ».

Le COR expose quelques premiers « éléments de réflexion » sur « l’évolution des droits conjugaux et familiaux en matière de retraite ». Faut-il, par exemple, réserver la majoration de durée d’assurance aux parents qui cesseraient de travailler pour élever leurs enfants, au risque de « désinciter » à l’activité féminine ? Faut-il étendre la réversion aux couples non mariés, pour l’ouvrir aux concubins et aux « pacsés », devenus nombreux ? Mais alors, « comment éviter les unions de complaisance » ? Faut-il rendre la réversion proportionnelle à la durée du mariage, même lorsque l’ancien conjoint ne s’est pas remarié, pour éviter des « aberrations » (un droit à réversion intégral malgré un mariage très court et un divorce vingt ou trente ans avant la retraite) ?Autant de pistes pour lesquelles on est loin d’avoir tranché : ce thème de réflexion est inscrit au programme du COR jusqu’à fin juin. Le Conseil fixe néanmoins « très clairement et unanimement » une limite : pas question de supprimer la réversion elle-même.

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