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Un article de Christelle Chabaud pau dans l’Humanité du 30 avril 2005

Révolte logistique chez Carrefour

dimanche 1er mai 2005 par Christelle Chabaud
Lancée suite à l’échec des négociations salariales annuelles, la grève des entrepôts Logidis fait tache d’huile.

Le conflit prend de l’ampleur, au grand dam de la direction de Carrefour. Jeudi soir, 21 des 30 entrepôts de Logidis Comptoirs modernes (logistique intégrée du groupe Carrefour) continuaient la grève, soit deux de plus que la veille. Les grévistes ont même bloqué deux centres de logistique, ceux de Plaisance-du-Touch (Midi-Pyrénées) et Lagnieux (Aquitaine). Depuis mercredi, l’intersyndicale CFTC-FO-CFDT-CFE-CGC a lancé un appel à une interruption du travail « illimitée » dans les plates-formes Logidis pour exiger une revalorisation salariale. Attisés par un sentiment de « révolte » suite à l’annonce de l’énorme prime de départ versée à l’ex-PDG de Carrefour Daniel Bernard, les grévistes réclament 50 euros bruts mensuels d’augmentation pour chacun des salariés du secteur logistique.

Le 20 avril, les négociations salariales obligatoires annuelles se sont soldées par un échec. « La direction ne nous proposait que 1,8 % d’augmentation générale, soit en dessous du taux d’inflation, et la prise en charge des augmentations de mutuelles, ce qui fait 6 euros », explique Christophe Guérard, délégué central CFDT de Logidis Comptoirs Modernes. « Alors que l’on nous parle d’austérité et de rigueur salariale, on s’aperçoit à travers la somme astronomique versée à Daniel Bernard que le groupe a de l’argent. » Le jour même des NAO, les salariés de Carrefour apprenaient avec stupéfaction que l’ancien PDG, remercié en février dernier, a empoché 39 millions d’euros d’indemnités. « C’est comme si chacun des 40 000 salariés du groupe lui faisait un chèque de 280 euros, comme quoi tout le monde n’est pas touché par la grève du pouvoir d’achat », constate quant à lui Patrick Coursier, délégué CFTC.

Depuis mercredi donc, les hypermarchés du groupe commencent à ressentir les effets du conflit. Carrefour, Champion mais aussi Shopi et Huit à Huit connaissent des problèmes d’approvisionnement, notamment pour les produits frais. Pour l’instant seul le Logidis de Colomiers a repris le travail. Ce centre de distribution avait débuté la grève avant l’appel national pour non seulement exiger des revendications salariales mais aussi dénoncer le licenciement de 25 personnes et 80 avertissements prononcés depuis janvier dernier sur le site. Au bout d’une semaine de blocage virulent, grévistes et direction locale sont donc parvenus à un accord. « Nous avons obtenu 23 titularisations, 10 embauches et une augmentation de 3,6 % de nos primes de productivité », comptabilise, satisfait, Lionel Rayssac, délégué CGT.

Le mouvement dans la société de logistique intégrée fait suite à une forte mobilisation du personnel des hypermarchés Carrefour. Fait exceptionnel dans la grande distribution, une cinquantaine de grandes surfaces s’étaient mises en grève le 25 mars dernier pour demander, vu les dividendes du groupe, une augmentation des salaires et du pouvoir d’achat à hauteur de dignité. À l’heure actuelle, une caissière du groupe Carrefour gagne en moyenne 800 euros. Vendredi, la grève lancée par Logidis devait s’étendre aux magasins Champion, également pour des revendications salariales.

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