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Un article de Valérie Collet paru dans Le Figaro du 17 mai 2005

STMicroelecronics supprime 3 000 emplois

mardi 17 mai 2005 par Valérie Collet

Carlo Bozotti, le président de STMicroelectronics, vient d’annoncer son premier plan de suppressions d’emplois. Entré en fonction fin mars, le successeur de Pasquale Pistorio n’aura pas tardé à tirer les conséquences des mauvais chiffres enregistrés par son groupe fin avril. Sur 3 000 emplois, 1 500 seront supprimés et 1 500 seront délocalisés en Asie d’ici à mi-2006. « Après les résultats décevants du premier trimestre, le groupe vient de prendre de nouvelles mesures de restructuration pour redevenir profitable », a précisé hier le fabricant de semi-conducteurs. Fin avril, STMicro a en effet annoncé 31 millions de dollars de pertes nettes au premier trimestre 2005.

Il faudra attendre encore quelques semaines pour connaître les répercussions de ces nouvelles coupes dans les effectifs de STMicro en France. Le groupe emploie 22 000 personnes en Europe, dont la moitié dans l’Hexagone sur les sites de Rousset (Bouches-du-Rhône), Tours, Grenoble et Crolles.

D’après STMicro, ces suppressions de postes englobent la fermeture du site de Rennes et d’autres coupes déjà annoncées dans les usines dédiées à la fabrication de cartes « six pouces », ces microprocesseurs désormais jugés obsolètes. « Environ 1 000 avaient déjà été programmés ces derniers mois », confirme un porte-parole en France. Il ajoute que « les effectifs y sont en légère augmentation malgré la fermeture de l’usine de Rennes ».

Parallèlement, le fabricant de puces continue à investir en Asie. Fin 2004, il a décidé de consacrer 1,2 milliard de dollars d’ici à la fin 2006 à ses nouvelles implantations sur ce continent. Interrogé par Le Figaro en mars, Pasquale Pistorio rappelait la stratégie de STMicro : « L’an dernier, nous avons réalisé 1,6 milliard de dollars de chiffre d’affaires en Chine, presque 20% de nos ventes. Et en Chine, nous n’employons que 3 000 personnes... Si nous n’étions pas en Chine, nous perdrions le potentiel de ce marché, déjà plus grand que l’Europe. » Et d’ajouter : « Nous devons être en Chine, demain au Brésil, puis ailleurs pour deux raisons fondamentales. Primo pour servir le marché local et des entreprises comme Huawei, TCL et des centaines d’autres dont j’ignorais le nom dix ans plus tôt. Secundo pour améliorer la structure de nos coûts. »

Les charges de restructuration devraient se chiffrer entre 100 et 130 millions d’euros. Mais le groupe estime qu’une fois le plan achevé, il devrait lui faire économiser 90 millions d’euros par an.

Ce nouveau plan n’est pas une surprise. Le numéro deux des microprocesseurs en Europe souffre des pertes qu’il enregistre avec ses mémoires flash. Au premier trimestre, cette activité a accusé un déficit de 62 millions d’euros. Le groupe franco-italien, de taille modeste si on le compare au géant américain Intel, est frappé de plein fouet par la guerre des prix. Sa situation est aussi fragilisée par la faiblesse du dollar qui pénalise lourdement les entreprises européennes.

Confronté à une situation comparable, bien qu’il soit américain, Advanced Micro Devices (AMD) a annoncé il y a quelques semaines qu’il allait céder sa filiale Spansion dédiée aux mémoires flash et dont les pertes handicapaient ses comptes. Mais le président de STMicro ne semble pas prêt à prendre une telle décision. Interrogé il y a trois semaines sur son éventuelle intention de se débarrasser de cette activité qui représente 20% du chiffre d’affaires du groupe, Carlo Bozotti a été formel : il conservera les mémoires.

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