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Un Article Gaelle Macke paru dans Le Monde du 30.09.05

STMicroelectronics supprime nettement moins d’emplois que prévu en France

vendredi 30 septembre 2005 par Gaëlle Macke

a bonne surprise est de taille. Le 16 mai, Carlo Bozotti, PDG du fabricant de semi-conducteurs avait annoncé un plan de réduction des effectifs portant sur 3000 emplois hors Asie d’ici à mi-2006, la restructuration la plus importante de son histoire. Pour la France, ce plan devait se traduire par la perte d’un millier d’emplois. Pourtant, mercredi 28 septembre, à l’issue d’un comité central d’entreprise, la direction de STMicroelectronics (STMicro) France n’a annoncé la suppression que de 321 emplois. Sur un effectif français d’environ 9 200 salariés (en contrat à durée indéterminée, CDI), cela n’en concerne donc que 3,5 %. Entre reclassements et départs volontaires, la direction espère, au final, "zéro licenciement sec ".

Certes, le groupe a également décidé de limiter les sous-traitants présents sur ses sites et de ne pas renouveler certains contrats à durée déterminée (CDD) et missions d’intérim mais ces effectifs s’en iront à l’échéance normale et ces mesures avaient été négociées depuis plus de deux ans.

Comme prévu, c’est l’usine de Rousset (Bouches-du-Rhône) qui sera la plus touchée, dans le cadre de la fermeture de la ligne de production des plaques de silicium de 6 pouces, une technologie ancienne transférée vers les pays à bas coûts (ce qui avait déjà occasionné la fermeture, en septembre 2003, de l’usine de Rennes, de 430 salariés). Malgré l’ouverture en parallèle d’une chaîne de fabrication de 8 pouces, il a été annoncé la suppression de 167 postes en CDI sur un total de 2 603 et le départ de 471 intérimaires. En revanche d’autres sites comme Crolles (près de Grenoble) et Tours, devraient voir leurs effectifs nets augmenter d’ici à la fin du plan mi-2006.

Du côté des syndicats, cette nette réduction des suppressions d’emplois a surpris autant que ravi. Tous soulignent que M. Bozotti, qui a succédé au fondateur, Pasquale Pistorio, à la tête de STMicro en mars, avait fait en mai "une annonce sûrement trop spectaculaire, destinée à rassurer les investisseurs qui réclamaient un plan de restructuration face aux résultats médiocres du groupe".

De fait, l’atténuation des restructurations intervient alors que l’entreprise franco-italienne fait face à des difficultés économiques. Dans un marché des semi-conducteurs très cyclique, STMicro est confrontée à la montée en puissance de concurrents asiatiques, au dollar faible mais aussi à des problèmes propres (dans les mémoires flash notamment). Elle a perdu des parts de marché, rétrogradant en trois ans de 3e à 6e fabricant mondial. Au premier semestre de 2005, le groupe a plongé dans le rouge, avec une perte nette de 5 millions d’euros contre un profit de 225 millions sur la même période de 2004.

"PAUSE TECHNIQUE"

Mais Jean-Marc Sovignet, de la CGC (premier syndicat du groupe), note qu’"il y a eu un frémissement sur le marché mondial des semi-conducteurs cet été. Les carnets de commande se remplissent et il y a même une tension sur les prix de certains composants. Cela a pu influer sur les décisions de STMicro ". Marc Leroux, à la CGT (deuxième syndicat) pense lui que "le groupe a été amené à faire des concessions sur l’emploi lors que la négociation avec le gouvernement sur sa participation aux pôles de compétitivité, sélectionnés par le gouvernement mi-juillet. STMicro a notamment été retenu comme leader de 2 pôles dits de dimension mondiale, autour de Marseille et de Grenoble ". L’Etat reste, de plus, un actionnaire indirect de l’entreprise de semi-conducteurs (via Areva à 12,3 % et France Télécom à 3,1 %).

Ces raisons suffisent-elles à expliquer ce recul sur les suppressions d’emplois en France ? Alors que la direction a toujours affirmé ne délocaliser que les activités de production les plus banalisées les syndicats s’inquiétaient de ce que, depuis cinq ans, l’Asie accueillait aussi des usines dotées des technologies de pointe et des centres de recherche et développement (R & D).

Pourtant, depuis quelques mois et après un long gel, les embauches dans la conception de puces reprennent sur les terres historiques de STMicro, à Grenoble comme à Milan. Les syndicats se demandent donc si le coup d’arrêt aux baisses d’effectifs en France ne représente qu’une "pause technique" ou est le signe d’une "réflexion de fond sur l’intérêt pour STMicro de garder une base de production et de R & D importante en Europe ".

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