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Un article de Frédéric PONS paru dans Libération le 4 octobre 2005

Saint-Menet : cinq repreneurs sur les tablettes

mardi 4 octobre 2005 par Frédéric Pons
La CGT de l’usine Nestlé de Marseille déplore que seule l’activité chocolat (et pas le café) soit concernée.

l y a désormais cinq candidats retenus par la chambre de commerce et d’industrie (CCI) de Marseille-Provence pour étudier la reprise de l’activité chocolat de l’usine Nestlé de Saint-Menet à Marseille (427 salariés), menacée de fermeture par sa maison mère depuis l’an dernier, faute d’une rentabilité suffisante. Le premier, Agro Deal, un distributeur de produits chocolatés, est venu hier matin sur place faire le tour du propriétaire et commencer à examiner les documents comptables de l’usine. OED-EDA (un autre distributeur agroalimentaire), le groupe suisse Barry Callebaut (marque Van Houten), le négociant britannique Armajaro et l’homme d’affaires Alain Chamla (ancien de chez Pernod Ricard) suivront dans les jours qui viennent. « D’ici au 15 octobre, les repreneurs de l’usine seront en mesure de rendre leur décision et ce sera à la CCI de prendre sa décision finale », assure un porte-parole de Nestlé, numéro 1 européen de l’agroalimentaire, manifestement pressé d’en finir avec ce feuilleton qui dure depuis mai 2004.

Rentabilité. Mais pour la CGT, le compte n’y est toujours pas. Le syndicat majoritaire exige plus que jamais qu’une solution d’ensemble (n’excluant pas le café) soit trouvée pour tout le site. Or l’activité chocolat est jugée rentable, tandis que la partie café semble vouée à disparaître, avec quelque 280 emplois. « Le café, on y croit toujours et c’est beaucoup plus rentable que le chocolat. Nous demandons au Premier ministre d’intervenir pour refaire un appel d’offres dans ce sens », martèle Joël Budanic, délégué CGT de Saint-Menet.

Une éventualité dont Nestlé, âpre à défendre ses parts de marché face à ses concurrents, ne veut pas entendre parler : des rumeurs insistantes lui prêtent l’intention de rapatrier ailleurs en France ses machines spécialisées pour poursuivre sa production de café, ce que la direction ne commente pas. Pas plus qu’elle n’évoque le fait qu’elle a barré pendant des mois la route de la reprise à Café Legal, un de ses concurrents. Au point que Café Legal n’a même pas fait acte de candidature auprès de la CCI.

En revanche, la multinationale suisse se dit maintenant prête à respecter ses engagements pour sortir de cet imbroglio politico-industriel. « Nous pouvons céder au repreneur le foncier, les murs et les outils pour 1 euro symbolique, et aussi lui faire payer un loyer symbolique pendant quelques années, dans le cadre du plan de revitalisation industrielle appuyée par la CCI de Marseille et portant sur 300 emplois », affirme Nestlé.

Tension. Cependant, sur le terrain, la tension reste vive entre les salariés et leur maison mère. Hier matin, sous les regards étonnés de la délégation de repreneurs d’Agro Deal, la CGT a empêché un camion Nestlé bourré de chocolat de sortir de l’usine, nouvel épisode de la guéguerre qui sévit quotidiennement à Saint-Menet. « Nestlé fait exprès de ne pas nous fournir assez de cartons et d’aluminium d’emballage pour les plaques de chocolat. Alors on bloque parfois un camion ou deux pour protester », raconte Joël Budanic.

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