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Un article de C.W. Paru dans La Marseillaise du 5 février 2005

Salariés du commerce : Bradés mais pas résignés

samedi 5 février 2005
Demain les salariés du magasin Kiabi à Vitrolles seront mutés, licenciés ou reclassés. Un bradage institutionnel qu’Isabelle Deruche veut dénoncer en manifestant aujourd’hui dans les rues de Marseille.

Un rendez-vous pris à la hâte dans un café de de la grande zone commerciale de Vitrolles. Les salariés du magasin Kiabi sont pressés.

A l’heure de la pause déjeuner, c’est une journée de travail qui commence pour ces employés, à majorité des femes habituées aux temps partiels, à des semaines de travail qui commence parfois le jeudi pour s’achever le samedi. Dans le commerce, les temps de travail en dent de scie sont monnaie courante.

Avec la peur d’être reconnue et de ne pas pouvoir retrouver un jour du travail, une jeune femme accompagne Isabelle Deruche, Déléguée du Personnel, salariée depuis 14 ans de l’enseigne de « la mode à petits prix » . Toutes les deux vont parler de cette vie de travail en pointillés. Depuis plusieurs mois les filles se disent stressées, dorment mal et se demandent à quelle sauce elle vont être mangées. Le 31 mars prochain, le magasin, qui avait été inauguré en 2001, fermera définitivement ses portes. « Le 12 janvier dernier, aux premiers jours des soldes , nous avons fait grève » explique Isabelle Deruche, Déléguée du Personnel CGT. Ce sera le premier mouvement de grève des 32 salariées de cette enseigne,qui apprendront que pour cause de loyer trop cher et de manque de rentabilité, le magasin devait fermer.« Après avoir promis aux salariées de les tenir informées, les mois passent, le bail arrive à échéance et nous ne savons toujours pas ce que nous allons devenir. La stratégie étant de ne rien dire pour entretenir un semblant d’espoir. Tout ce que l’on nous prépare , c’est un licenciement à la Borloo. », affirme la déléguée syndicale.

100% de temps partiels dont 9 contrats étudants

Pour reclasser ses salariés, Kiabi aurait mis en place un cabinet de recrutement et serait prêt à offrir une prime de 2000 euros à un éventuel employeur. Dans le meilleur ou le pire des cas, certaines pourraient être mutées sur un autre magasin.

« Il n’y aura pas de licenciement économique, mais des licenciements pour motif personnel . Cela veut tout dire », avance Isabelle. Avec une situation de l’emploi qui ne cesse de se dégrader, les filles se demandent si elles pourront retrouver un jour du travail.

Payées 650 à 700 euros par moi, ces salariées avaient accepté de faire des sacrifices. Pour augmenter la marge de leur magasin, elles s’étaient pliées à une plus grande polyvalence. Tenir la caisse, s’occuper de la cabine ou de l’étiquetage dans une même journée. Comme il est courant de faire 7 heure de travail, puis 3 heures et demi le lendemain. Dans ce secteur, le contournement de la loi des 35 heures a commencé depuis longtemps, à tel point que les temps partiels sont devenus la règle.

Avec l’annonce de la fermeture les salariés ont le sentiment d’avoir beaucoup donné pour rien. « Nous n’avons pas d’autre solution que de résister », avance Isabelle Deruche, même si elle sait que les filles auront du mal à relever, une nouvelle fois, la tête.

« Mais les temps ont changé » pense Isabelle qui garde en mémoire l’élan de solidarité des clients du magasin qui avait accompagné leur mouvement de grève. « Tout le monde est touché par la question de l’emploi. Nous ne savons pas ce que nous allons devenir. Je veux encore croire au rapport de force, parce que je ne peux pas penserque l’on laisse impunément les gens de côté. »

Même si elles ne peuvent pas toutes participer à la manifestation marseillaise, les salariées de Kiabi attedent beaucoup de cette mobilisation. Pour elles, ce n’est même pas la question des 35 heures qui est posée, mais bien celle du droit au travail. « Le travail est un droit », martelle Isabelle, convaincue que cette question ne laisse plus personne indifférent. « J’ai peur de l’avenir et c’est pur cela que je veux garder espoir. »] Isabelle Deruche Manifeste, aujourd’hui, pour toutes celles qui ne pourront passortir de leur magasin. Dans quelque mois, mutée, licenciée ou reclassée, elle commencera une autre vie. Sans jamais avoir totalement abdiqué et renoncé a toute idée de résistance. De toute façon, « Je n’ai pas d’autre choix »

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