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Mathilde Hamet | L’Humanité du 26,04,2008

Sans papiers : « On est en grève, on le dit et on résiste »

lundi 28 avril 2008 par Mathilde Hamet
Sans-papiers . Le tribunal de Créteil a débouté la Fédération des entreprises de propreté, qui avait introduit un recours pour expulser les grévistes qui occupent les lieux.

« Irrecevable », telle est la décision du tribunal des référés de Créteil, qui a été annoncée hier après-midi par Camille Montuelle, responsable CGT, aux occupants des lieux. Sous les applaudissements, le syndicaliste a commenté la décision de justice qui repousse donc la demande de la Fédération des entreprises de propreté (FEP) d’expulser les travailleurs sans papiers qui occupent les locaux de Villejuif (94) depuis le 15 avril dernier pour leur régularisation. Cette annonce marque une victoire pour les centaines de salariés de ces entreprises de nettoyage. Ils demandent la même chose que les salariés grévistes de l’île de la Jatte à Neuilly : une régularisation de leur situation.

« Nous n’allons pas nous laisser faire. »

Mady Yena, porte-parole des travailleurs de la FEP, affirme que « plus de 350 dossiers ont été déposés à la préfecture ». Les nuits passées dans les locaux entre les thermos et les sacs de couchage posés dans l’entrée du bâtiment n’ont pas entamé la détermination des occupants. Malgré une bonne entente entre les sans-papiers et la direction, il précise d’une voix ferme : « Nous n’allons pas nous laisser faire. » En clair, ils continueront d’occuper les lieux jusqu’à leur régularisation. Geste de bonne volonté : les occupants ne bloquent plus l’accès des locaux aux apprentis du centre de formation. Il rappelle aussi que l’occupation des lieux se fait dans un climat de non-violence.

Suite à la décision de justice, Mady Yena en appelle à une généralisation du mouvement : « Multiplions les actions. » D’autant que ces grévistes sans papiers sont conscients qu’ils risquent gros en déposant des dossiers de régularisation. Ils en appellent « à la conscience du peuple français ». « Conscience française » que Nicolas Sarkozy, lui, ne « connaît pas ». Cette action est leur seul espoir. « Comment vivre sans papiers ? » questionne Ould Alioum, un Mauritanien salarié dans une entreprise de nettoyage en France depuis 1998. Lui qui paye ses impôts, qui est déclaré par son employeur et qui envoie de l’argent à sa famille restée au pays explique combien sa situation est difficile, quand acheter une Carte orange ou sortir dans la rue devient dangereux. Pour sortir de cette situation, il veut poursuivre la grève « jusqu’au bout ».

« …rester ici jusqu’à la régularisation. »

La CGT a, pour sa part, réaffirmé son engagement à lutter contre l’exploitation intolérable des sans-papiers et à poursuivre ce mouvement, car il a « déstabilisé le gouvernement ». Un seul mot d’ordre au milieu de cette foule de sans-papiers et de syndiqués : « On s’organise pour rester ici jusqu’à la régularisation. » Le rendez-vous est pris pour le 1er mai à Paris, où une délégation de travailleurs sans papiers se joindra au cortège syndical.

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