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THIBAUT MADELIN, Les Echos le 04.04.2012

Séquestrée, la direction d’E.ON fait machine arrière en France

mercredi 4 avril 2012 par Thibaut Madelin
La direction d’E.ON France a été retenue hier par les salariés, qui ont obtenu une révision du projet initial de fermeture de centrales à charbon françaises.

Le projet d’E.ON de fermer ses vieilles centrales à charbon françaises tourne au vinaigre. Hier, la direction de la filiale tricolore du groupe d’énergie allemand a dû revenir sur sa décision après avoir été retenue par des salariés pendant plus de sept heures lors d’un comité central d’entreprise. « La direction a été séquestrée », a constaté un salarié. « Nous ne les avons pas séquestrés, nous sommes restés avec eux pour assurer leur sécurité », s’est défendu Loïc Delpech, délégué CGT. La police a dû intervenir.

Une chose est sûre, la réunion ne s’est pas déroulée comme prévu. A l’appel de l’intersyndicale, plusieurs centaines de manifestants sont venus par car des sites de production d’E.ON. Ils sont entrés dans les locaux du siège parisien et ont envahi la salle où se déroulait la réunion, selon plusieurs témoins. Débutée à 9 heures 30, la réunion s’est conclue un peu avant 17 heures, après que les syndicats eurent obtenu gain de cause.

« La direction a retiré son projet initial, s’est félicité Loïc Delpech. Elle s’est engagée à prendre en compte les travaux de nos experts et à revenir avec un nouveau projet en juin. » La direction n’a pas fait de commentaire.

Le groupe allemand a annoncé en juin 2011 son intention de fermer cinq tranches sur les sept qu’il compte en France depuis son acquisition de la SNET. « La combinaison de contraintes réglementaires, techniques et économiques ne permet pas d’exploiter » les tranches concernées à partir de 2013, avait indiqué le groupe. Bilan :535 postes sont touchés, notamment sur les centrales de Emile-Huchet (Moselle), Hornaing (Nord) et Lucy (Saône-et-Loire).

Les syndicats ne sont pas seuls à intervenir. Sparkling Capital, un petit producteur de charbon, a transmis vendredi une offre non engageante à E.ON pour la reprise de quatre tranches sur cinq. « Je propose de maintenir quatre sites et de conserver 365 emplois », déclare sa fondatrice, Michèle Assouline, ancienne de la Commission de régulation de l’énergie et vice-présidente du Medef, qui assure disposer du soutien d’EDF. La société dit vouloir investir 365 millions d’euros et demande que les 80 millions d’euros de frais auxquels E.ON est confronté pour la fermeture soient bloqués dans un compte spécifique.

E.ON et les syndicats sont sceptiques. « II s’agit, à ce stade, d’une offre préliminaire et non engageante, dont la faisabilité soulève plusieurs interrogations majeures », a indiqué le groupe, soulignant toutefois qu’il allait l’étudier « avec la plus grande attention ». « Y a-t-il un vrai projet industriel et des garanties financières ou s’agit-il d’un placement spéculatif ? », s’interroge Dominique Labouré, de la CFE-CGC.

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