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L’Humanité du 22 janvier 2007 | Fanny Doumayrou

Six ex-dockers amiantés en grève de la faim

mardi 23 janvier 2007 par Fanny Doumayrou
Amiante . À Dunkerque, ils réclament la revalorisation de leur allocation de préretraite promise par le ministère de la Santé en 2005.

L’un d’entre eux a été transporté à l’hôpital hier, les autres tiennent le coup. À Dunkerque (Nord), six anciens dockers proches de la soixantaine sont en grève de la faim depuis jeudi 11 janvier, pour - réclamer l’application d’un protocole d’accord signé avec les pouvoirs publics il y a un an et demi.

Un accord toujours pas appliqué

À l’origine du conflit, le calcul de leur allocation de préretraite amiante (ACAATA), à laquelle ils ont droit pour avoir travaillé de 1960 à 1993 au contact des fibres cancérigènes (70 % de l’amiante utilisé en France transitait par le port). La loi fixe le montant de cette allocation à 65 % du salaire brut touché sur la dernière année d’activité. Mais pour des emplois discontinus comme celui de docker, elle prévoit de prendre en compte les 365 derniers jours travaillés sur les trois dernières années, et non pas la dernière année civile. Or l’Union maritime et commerciale, ancien employeur des dockers, a transmis à la CRAM les salaires des ouvriers sur leur dernière année, émaillée de périodes de chômage et de grève, ce qui minore le montant de leur allocation de 200 à 250 euros. Une situation qui concerne environ 200 ex-dockers.

Depuis des années, le comité des ex-dockers CGT et membres de l’Association régionale de défense des victimes de l’amiante (ARDEVA), réclamait en vain l’application de la loi, jusqu’à ce que trois d’entre eux entament en mai 2005 une grève de la faim. « Au bout de onze jours de grève, nous avons signé un protocole d’accord avec la sous-préfecture de Dunkerque et le représentant du médiateur

de la République qui - reconnaissait la légitimité de nos revendications, explique Louis Monteyne, l’un des grévistes. En août 2005, nous avons été reçus par le ministre de la Santé, Xavier Bertrand, qui a confirmé que le problème - allait être réglé, que les fonds étaient à disposition. Mais, depuis, plus rien ! » Depuis un an et demi, le comité a multiplié les initiatives, rencontré 11 fois la sous-préfecture et 2 fois le ministre, mais l’accord n’est toujours pas - appliqué. « Contraints et forcés, nous en sommes venus à une deuxième grève de la faim. », déplore Louis Monteyne.

Depuis le début de leur action, les grévistes ont reçu de nombreux soutiens de la population, des syndicats, de l’ARDEVA, d’élus régionaux et nationaux, des Verts et du PCF. Mais du côté des pouvoirs publics, rien ne bouge. Pire, alors que Xavier Bertrand avait promis aux ex-dockers, en août 2005, un rapport de l’IGAS pour aller dans leur sens, la sous-préfecture a rendu public samedi un court document de cet organisme contestant leurs revendications. « Ce n’est pas un rapport, c’est une simple note de sept pages, pour laquelle l’IGAS n’a auditionné ni les ex-dockers ni l’ARDEVA, conteste Louis Monteyne. Elle a été rédigée pour gagner l’opinion publique contre nous. » Hier, la presse locale a ainsi pu titrer, en citant le sous-préfet, que « les motifs de la grève de la faim ont disparu ». Les ex-dockers en sont aujourd’hui à leur douzième jour de jeûne. Ils organisent demain un rassemblement à 18 heures à l’église Saint-Éloi.

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