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Christelle Chabaud | L’Humanité du 10 janvier 2007

Soldes emmêlés dans les banderoles

mercredi 10 janvier 2007 par Christelle Chabaud
Distribution . Les syndicats du Printemps, des Galeries Lafayette et du Bon Marché appellent à la grève pour dénoncer « la dérégulation des temps de travail ».

Pour sûr, aujourd’hui, ça va jouer des coudes dans les rayons. Mais le tohu-bohu risque d’être encore plus fort cette année dans les grands magasins parisiens. Car, pour le premier jour des soldes d’hiver, l’intersyndicale du Printemps, des Galeries Lafayette et du Bon Marché a appelé les salariés à cesser le travail afin de dénoncer la dérégulation des temps de travail. L’opération « nuit des soldes » programmée jeudi par la Chambre de commerce et d’industrie de Paris leur a fait voir rouge. « L’idée vient de l’office de tourisme de la ville pour tenter de concurrencer Londres », fulmine-t-on du côté de la CFDT commerce. « Outre le fait que le pouvoir d’achat des clients n’est pas proportionnel aux amplitudes horaires, le travail de nuit obéit à des règles strictes. »

LES GRÉVISTES SERONT PEU NOMBREUX

Appeler à la grève aujourd’hui au Printemps, un vrai coup de force quand on sait que 100 000 personnes y sont attendues dans la journée. Et ce, même si, comme le regrette Marc Broada de la CGT, « entre les pressions de la direction et la précarité du personnel de démonstration, les grévistes seront peu nombreux ». Didier Lalance, le directeur estime d’ailleurs que « les choses vont se dérouler parfaitement » grâce à une équipe de volontaires.

Banalisation du travail le dimanche, nocturnes le jeudi jusqu’à 22 heures, ouvertures les jours fériés... La déréglementation des plages de travail s’étend. Pour la première semaine de la saga promotionnelle 2007, les portes du Printemps-Haussmann seront ouvertes treize heures par jour, de 8 heures à 21 heures. Mais à la clé de ces journées « exceptionnelles », il n’y aura pas quelques euros en plus sur les bulletins de paie des salariés : depuis la loi sur les 35 heures, le temps de travail est annualisé. Sans aucune majoration de rémunération, un employé peut donc travailler 42 heures par semaine durant les soldes, gage à lui de passer à 28 heures lors des périodes commerciales creuses, mi-février par exemple. « La direction bafoue notre vie privée, s’indigne Marc Broada. Au Printemps, 70 % des vendeurs sont des vendeuses. Outre le jeu de yo-yo dans les horaires, un coup tôt le matin, un coup en nocturne, elles doivent s’adapter à des chamboulements complets de leur temps de travail d’une semaine sur l’autre. Un rythme difficilement conciliable avec des obligations extérieures, surtout quand on a des enfants mais qu’on ne gagne pas assez d’argent pour les faire garder. « La commission solidarité du comité d’entreprise paie dans l’urgence des factures impayées de loyer ou d’EDF, mais ça ne règle pas tout, confie Marc Broada. Le personnel est acculé à la misère. » Dans la commission logement, il y a une liste d’attente de 150 salariés. « Les gens n’arrivent même plus à se loger tellement leur salaire est bas », explique Marcelle Rohr de la CFDT.

LES SALARIÉS DOIVENT ÊTRE GAGNANTS

Interrogé hier sur Europe 1 sur ces appels à la grève, Renaud Dutreil a estimé que les salariés doivent être « gagnants », c’est-à-dire « qu’ils soient mieux payés quand ils travaillent plus tard, quand ils travaillent le dimanche, il faut qu’ils aient des repos compensateurs ». Le ministre du Commerce a donc demandé aux syndicats de « négocier avec l’employeur pour essayer d’obtenir des compensations s’il y a une surcharge de travail ».

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