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L’Humanité du 29 janvier 2007 |Pierre-Henri Lab

Sortir ou non du nucléaire ?

mercredi 31 janvier 2007 par Pierre-Henri Lab

La gauche est divisée sur le développement du recours à cette énergie.

Rappel des faits

La question du nucléaire a fait son entrée dans la campagne électorale. Mardi dernier, la candidate socialiste Ségolène Royal s’est prononcée en faveur d’une réduction de la part de cette énergie en France et a fait connaître sa volonté de fermer « les centrales les plus anciennes ».

Cette déclaration relance le débat sur les énergies de demain. La fin du pétrole bon marché, les tensions internationales autour de l’or noir et du gaz dans un contexte de dépendance totale de la France vis-à-vis des pays producteurs, et surtout la lutte contre les émissions de CO2 responsables de l’effet de serre impliquent en effet de réduire la consommation d’énergies fossiles.

1. Les énergies renouvelables peuvent-elles se substituer au pétrole ?

Hydraulique, solaire, éolien et biomasse recèlent a priori un véritable intérêt. Elles sont inépuisables et surtout ne dégagent pas de CO2. Néanmoins elles sont difficiles à exploiter et ne peuvent produire qu’une quantité limitée d’énergie.

L’éolien, bien que plébiscité par les écologistes, devrait rester marginal dans le parc de production électrique. Son coût très élevé handicape son développement, mais c’est surtout l’incapacité de stocker l’électricité qui cantonne ce mode de production à la marginalité. En effet, en matière d’électricité la production doit impérativement être alignée en permanence sur la consommation. En cas de sous- ou de sur production, c’est la panne géante. Assurer cet alignement permanent implique donc de disposer de moyens de production fiables. Or l’éolien peut voir sa production chuter ou exploser en quelques instants.

Le recours à l’hydraulique ne peut être que marginalement accru : l’essentiel du potentiel national est déjà exploité.

L’utilisation de la biomasse pourrait permettre de produire, en France, 40 millions de tonnes d’équivalent pétrole. Son développement reste limité par la surface des terres disponibles.

Le solaire est considéré par beaucoup de scientifiques comme l’énergie renouvelable la plus prometteuse. Néanmoins, il pâtit également de son coût et de son caractère intermittent.

Les énergies renouvelables n’ont donc pas la capacité de se substituer au pétrole. Cependant leur développement peut indubitablement contribuer à réduire la dépendance nationale vis-à-vis de l’or noir.

2. Le charbon a-t-il de l’avenir ?

Présent en quantité importante sur le territoire national, le charbon retrouve un intérêt économique en raison de la hausse des prix du pétrole. Principal inconvénient de cette énergie : dans ses formes d’exploitation traditionnelles, elle dégage de grande quantité de CO2. Ce handicap devrait être surmonté d’ici à une quinzaine d’années : c’est en effet le délai qui devrait permettre aux procédés de captation du CO2 et de son stockage en sous-sol d’arriver à maturation industrielle.

3. Quels sont les avantages et les inconvénients du nucléaire ?

Un avantage de poids : le nucléaire ne dégage pas de gaz carbonique et donc ne contribue pas à l’effet de serre. Les réserves d’uranium actuelles sont aussi importantes. Elles sont estimées à deux siècles, contre quelques dizaines d’années pour le pétrole. La question des déchets reste le principal obstacle au développement du nucléaire. Mais la construction de surgénérateurs moins gourmands en combustible et capables de recycler en partie les déchets pourrait permettre de résoudre en partie le problème.

4. Quelles sont les positions des autres candidats de gauche ?

Les Verts et la LCR, qui misent essentiellement sur le développement des énergies renouvelables, réclament une sortie du nucléaire. La candidate communiste, Marie-George Buffet, prône une diversification accrue des sources d’énergie. Elle souhaite également un effort plus grand en termes de recherche pour développer les énergies renouvelables et « pour un nucléaire sécurisé et durable ». « L’EPR et les réacteurs de la quatrième génération devront contribuer à cet effort », écrit-elle dans son programme. Constatant que le nucléaire et la politique énergétique font débat, elle souhaite que celui-ci soit « mené de manière transparente et soumis à référendum ».

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