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Frank Paul Weber | La Tribune.fr - 19/03/07

Statu quo pour EDF dans l’Italien Edison malgré la fusion de son partenaire AEM

lundi 19 mars 2007 par Frank Paul Weber
AEM, le partenaire d’EDF au sein du capital du deuxième groupe d’électricité italien, Edison, est sur le point de fusionner avec la régie municipale voisine de Brescia, ASM. D’après le patron d’Edison et d’AEM, cela ne devrait pas modifier la gouvernance paritaire dans Edison. Mais ASM pourrait se raviser et attendre la fin du feuilleton de l’OPA sur l’espagnol Endesa, son partenaire en Italie-

Ça bouge chez les partenaires d’Electricité de France (EDF) en Italie. La régie municipale de Milan, AEM, est en effet en négociations avancées avec sa voisine de Brescia, ASM, pour fusionner et créer ainsi le troisième opérateur d’électricité de la Péninsule, derrière l’ancien monopole Enel et justement Edison. Or, AEM contrôle le holding Delmi qui partage à parité avec EDF le pouvoir au sein du deuxième électricien italien, Edison.

"Nous avons rempli notre mission [pour la fusion AEM-ASM, NDLR], maintenant la balle est dans le camp des maires" de Milan et Brescia, actionnaires principaux des deux régies, a indiqué aujourd’hui Giuliano Zuccoli, administrateur délégué d’AEM et président du conseil d’administration d’Edison.

Quid cependant du rôle d’une AEM fusionnée avec ASM au capital d’Edison ? "A la lumière des pactes [d’actionnaires] en vigueur aujourd’hui, les conditions pour un quelconque changement ne sont pas réunies", répond le patron d’AEM interrogé par La Tribune à propos de la future gouvernance d’Edison.

Actuellement le holding italien Delmi mené par AEM dispose de cinq sièges au conseil d’administration d’Edison, tout comme EDF (cinq aussi), deux conseillers indépendants complétant le conseil.

A priori, le changement d’actionnariat d’AEM (actuellement contrôlé à 42% par la municipalité milanaise), via sa fusion, aurait dû impliquer la révision du savant et fragile équilibre de gouvernance entre Français et Italiens au sein d’Edison.

Mais puisque AEM entend se fondre avec un groupe également public (ASM Brescia est contrôlé à 69,2% par la ville de Brescia), une modification de la gouvernance ne serait pas nécessaire, dans la mesure où AEM reste contrôlée pour au moins 33 % de son capital par une collectivité publique.

La fusion entre AEM et ASM est cependant loin d’être acquise. Les maires de Milan et de Brescia devaient normalement se rencontrer jeudi prochain 22 mars. Mais de source proche du dossier, on indique que cette rencontre devrait être reportée.

Les possibles partenaires examinent en effet avec anxiété le dossier Endesa, le groupe d’énergie espagnol convoité par l’allemand E.ON mais aussi par l’Italien Enel.

ASM Brescia est actionnaire de 20% d’Endesa Italia, 80% étant contrôlés par Endesa. Si Endesa devait changer de propriétaire à la suite de l’OPA lancée sur lui par E.ON et arrivant à échéance la semaine prochaine (le 29 mars), ASM pourrait avoir l’opportunité de racheter Endesa Italia, le quatrième producteur d’électricité de la Péninsule derrière Enel, Edison et ENI. Pour ASM, ce serait une aubaine car cela lui permettrait de doper sa capitalisation boursière actuellement de seulement 3,3 milliards d’euros contre les 4,6 milliards d’euros capitalisé par son futur partenaire AEM.

Or, les négociations pour la fusion AEM-ASM buttent justement actuellement sur la valeur d’échange entre les deux titres boursiers. Le président d’ASM Brescia, Renzo Capra, a récemment déclaré "qu’il n’est pas hors sujet de parler d’interconnexion" entre son dossier de fusion avec AEM et les propres ambitions d’ASM sur Endesa Italia, "les deux opérations n’étant pas une alternative l’une pour l’autre mais tout à fait complémentaires". En somme, pour ASM Brescia il est urgent d’attendre avant de s’engager définitivement dans une fusion avec AEM.

Côté régie municipale milanaise en revanche, on aimerait aller plus vite. D’une part car l’état des forces actuel lui donne l’ascendant sur son partenaire dans le cas d’une fusion. Mais aussi car à partir du 1er juillet prochain, les foyers italiens pourront choisir leur propre fournisseur d’électricité.

Si le patron d’AEM souligne que son groupe est parmi "les mieux positionnés pour la libéralisation de ce marché", il ne cache pas non plus que "l’opération [de fusion] avec ASM Brescia permettrait aussi d’augmenter les synergies possibles" dans ce contexte. Mieux vaudrait donc être plus forts dès l’été prochain, plutôt que de voir les concurrents s’attaquer au portefeuille de clientèle d’AEM dans la riche région milanaise.

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