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Un article de Vincent Defait paru dansL’Humanité le 15 septembre 2005

Stocker le CO2, en attendant..

jeudi 15 septembre 2005 par Vincent Defait
Cette « solution transitoire », alternative aux trop importantes émissions de gaz à effet de serre, est l’objet d’un colloque international, à Paris aujourd’hui et demain.

Que faire du dioxyde de carbone (CO2) ? Pourquoi ne pas le condamner à la réclusion à perpétuité dans les couches profondes de la Terre ? L’idée est attrayante. Problème : ces technologies de capture et de stockage du CO2 sont nouvelles, encore imparfaites et surtout coûteuses. Et elles ne suffiront pas à contrecarrer le réchauffement climatique. Elles suscitent néanmoins l’intérêt de nombreux scientifiques, réunis à Paris, aujourd’hui et demain, pour un colloque chapeauté par l’Agence gouvernementale de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME), l’Institut français du pétrole (IFP) et le Bureau de recherche géologiques et minières (BRGM) (1).

« Entre 2000 et 2050, les émissions mondiales de CO2 devraient atteindre 877 gigatonnes. Quelque 483 gigatonnes seraient récupérables », évalue Michèle Pappalardo, présidente de l’ADEME. Soit à peine la moitié. Pas question donc d’envisager cette option comme la solution miracle. « C’est une réponse technologique transitoire » avant que de nouvelles sources énergétiques, non émettrices de gaz à effet de serre, prennent le relais du pétrole, insiste Michèle Pappalardo. « Ça n’est pas la panacée, mais cette technologie est susceptible de jouer un rôle majeur », ajoute Olivier Appert, président de l’IFP. Reste à éclaircir certaines zones d’ombre. Comment réduire les coûts de la capture, non compétitifs ? Où stocker ce CO2 ? Comment garantir la sécurité de la filière ? Quel cadre juridique donner au stockage dans le sol ? Le public l’acceptera-t-il ?

Cette filière ne concerne que les installations industrielles, responsables de plus d’un tiers des émissions de CO2 dans le monde. Mais, avec 50 à 70 euros par tonne de dioxyde de carbone « évitée », soit 70 % du coût total, la capture reste trop coûteuse. « Il existe trois grandes techniques de capture, mais aucune ne sort gagnante. Il faut toutes les étudier », explique Pierre Le Thiez, responsable des recherches sur le stockage du CO2 à l’IFP. Une fois mis en boîte, le gaz peut être transporté dans un état très concentré, dit « supercritique », ou à l’état liquide.

Quant au stockage, si les fonds marins ont eu un temps la préférence de certains scientifiques, aujourd’hui « les sols aquifères salins profonds sont d’excellents candidats », estime Isabelle Czernichowski-Lauriol, du service Eau du BRGM. Les gisements de pétrole et de gaz en voie d’épuisement, et les veines de charbon non exploitées, sont d’autres options envisagées.

Il faudra aussi donner un statut législatif au gaz - s’agit-il d’un déchet ? - développer une filière industrielle et convaincre les décideurs politiques car la séquestration du CO2 n’est pas inscrit dans le traité de Kyoto. « La reconnaissance internationale de ces technologies prendra du temps », reconnaît Phulippe Vesseron, président du BRGM. Reste que cela n’exonère en rien les États à réduire les émissions de gaz à effet de serre.

(1) Colloque « Réduction des émissions et stockage du CO2. Innovation et enjeux industriels », www.colloqueCO2.com
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