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Article de Olivier Truc paru dans Le Monde du 4 novembre 2006

Suède : tollé syndical contre la réforme de l’assurance-chômage

samedi 4 novembre 2006 par Olivier Truc

Le nouveau gouvernement suédois, le premier de droite depuis douze ans, n’aura connu aucun état de grâce. Après la démission de deux ministres en délicatesse avec la morale fiscale du royaume, le front social vient de s’enflammer. Les syndicats, très puissants en Suède, se braquent contre le projet de réforme de l’assurance-chômage que le gouvernement souhaite faire entrer en vigueur dès le 1er janvier 2007.

"Grâce à cette réforme, nous allons récupérer dix milliards de couronnes (1,08 milliard d’euros)", explique Eva Udden Sonnegard, secrétaire d’Etat chargée du marché du travail. Cette somme doit permettre de financer les premières baisses d’impôts promises et de répondre en même temps au mot d’ordre affiché durant la campagne électorale : la différence entre ceux qui travaillent et les autres doit être plus marquée qu’aujourd’hui.

La réforme prévoit d’abord d’augmenter la cotisation des Suédois aux caisses de chômage. Elle s’élève aujourd’hui en moyenne à une douzaine d’euros par mois et devrait plus que tripler. La part de ces cotisations représente environ 10 % du budget de l’assurance-chômage (chômeurs en formation et allocations chômage).

"SALAIRES VERS LE BAS"

"Nous voulons faire passer cette part d’autofinancement à 35 % au 1er janvier", annonce Eva Udden Sonnegard. Parallèlement, les indemnités vont baisser. Elles s’élèvent aujourd’hui à 80 % du salaire durant une période de 300 jours (généralement plafonné à 74 euros par jour), éventuellement prolongé d’une seconde période équivalente.

Dans la réforme, les 80 % ne seraient plus acquis que durant les 200 premiers jours. Le taux passerait ensuite à 70 % pendant les 100 jours suivants, puis à 65 %.

"Tout cela va en fait contribuer à presser les salaires vers le bas", prévient Anders Bergström, troisième vice-président de Kommunal, le plus gros syndicat du pays, qui rassemble les employés des administrations territoriales ou des services de soins.

Dernier point très controversé, il faudrait désormais avoir travaillé au moins 80 heures (au lieu de 70 aujourd’hui) par mois pendant six des douze derniers mois pour bénéficier de l’assurance-chômage. Faute de quoi, les gens toucheront les allocations sociales, l’équivalent du RMI.

"La plupart de nos adhérents sont des femmes peu payées qui travaillent souvent à temps partiel. Beaucoup d’entre elles risquent de ne pas pouvoir atteindre le niveau requis pour bénéficier de l’assurance-chômage", proteste Anders Bergström.

TCO, l’organisation parapluie des syndicats de cols blancs, menace même de porter l’affaire devant la cour européenne de justice. "Cette réforme discrimine les femmes, qui sont beaucoup plus nombreuses que les hommes à travailler à temps partiel", souligne Sture Nordh, président de TCO.

Le bras de fer est engagé et les syndicats ont fait de cette bataille leur priorité dans les semaines à venir.

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