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Article de Antoine GUIRAL, Vanessa SCHNEIDER paru dans Libération le 2 décembre 2006

Suez-GDF : Sarkozy prêt à recommencer à zéro

samedi 2 décembre 2006 par Vanessa SCHNEIDER, Antoine GUIRAL

L’un ne boude pas son plaisir, l’autre tente de faire bonne figure. En reportant à juillet 2007 ­ date de l’ouverture du marché européen de l’énergie ­ la fusion Suez-GDF, le Conseil constitutionnel a placé une nouvelle épine dans le pied de Dominique de Villepin. Qui a pourtant fait mine vendredi, lors d’une rencontre informelle avec la presse à Pretoria, en Afrique du Sud, de minimiser le problème. En revanche, pour Nicolas Sarkozy et ses proches, la rebuffade illustre « l’échec de la méthode Villepin ». Remise à plat. En déplacement vendredi en Anjou, le candidat de l’UMP à la présidentielle n’a pas souhaité commenter ouvertement la décision du Conseil. Mais il a confié à Libération, ironique : « Encore une belle opération, hein... Un plein succès, cette affaire. Il va maintenant falloir qu’on s’en occupe derrière. » Et de rappeler que « ce n’est pourtant pas faute de les [Chirac et Villepin, ndlr] avoir prévenus ». A Angers, ses collaborateurs ne se privaient pas de rappeler que Sarkozy avait toujours été hostile à la fusion mais avait fini par « demander aux parlementaires de la voter par sens des responsabilités et au nom de l’union de la majorité ».

S’il est élu chef de l’Etat, « il remettra à plat tout ce dossier et fera d’abord de la pédagogie pour expliquer comment assurer l’indépendance énergétique de la France tout en donnant des garanties aux consommateurs sur les risques de hausse en cas de privatisation », promet un parlementaire présent à ses côtés. Villepin, lui, ne veut pas entendre parler de mauvaise nouvelle. « La décision du Conseil donne son accord de principe sur la fusion, c’est l’essentiel », a-t-il indiqué en Afrique du Sud devant les journalistes, avant d’ajouter qu’il « comprend parfaitement les éléments de calendrier » fixés par les « sages ». « Cela montre que la fusion était justifiée, qu’elle n’a pas été pensée au hasard. Je rendrai à mon successeur un projet achevé, clé en main. Tout sera prêt pour juillet 2007. » Selon lui, même en cas de changement de majorité, la fusion ne pourra pas être enterrée car il « n’y a pas de projet alternatif. Je ne connais pas de gouvernement de droite comme de gauche qui prenne le risque de mettre le pays en position de fragilité ».

Contredire. Le Premier ministre s’est personnellement investi dans la fusion. C’est lui qui l’avait annoncée en février, arguant de la menace supposée d’OPA de l’italien Enel sur Suez. Il avait ensuite demandé à sa majorité d’adopter une loi permettant l’ouverture du capital de GDF, c’est-à-dire de se contredire elle-même. Sarkozy, lorsqu’il était ministre des Finances, avait en effet promis que l’Etat ne descendrait pas sa participation en dessous de 70 % du capital. Face aux réticences d’une partie de l’UMP, Villepin avait décidé, avant l’été, de repousser son texte. Il avait mis l’été à profit pour convaincre un à un les députés. Surtout, il était parvenu à arracher à Sarkozy sa solidarité. Mais dompter la majorité n’était visiblement pas suffisant.

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