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Feryel Gadhoum. Et Frédéric de Monicault | Le Figaro le 06 juillet 2007

Suez-GDF : Sarkozy s’empare du dossier

samedi 7 juillet 2007 par Frédéric de Monicault, Feryel Gadhoum
Le président sera le seul à trancher en dernier ressort sur le projet de fusion.

LE DOSSIER Gaz de France-Suez est officiellement à l’Élysée. Hier, une réunion de travail sous la houlette du président de la République - et à laquelle participaient François Fillon, Christine Lagarde et Jean-Louis Borloo - s’est tenue dans la matinée. Preuve, s’il en est besoin, que c’est Nicolas Sarkozy qui tranchera cette épineuse affaire.

Officiellement, aucune décision n’a été prise. Ce que Christine Lagarde, la ministre de l’Économie, a signifié en affirmant que toutes les options étaient à l’étude. L’avenir de Gaz de France passerait donc autant par Suez, qu’EDF, la Sonatrach (l’entreprise publique algérienne d’hydrocarbures) ou l’hypothèse d’un statu quo.

En réalité, la situation se décante peu à peu. Selon une délégation syndicale reçue hier à l’Élysée, le scénario d’un rapprochement entre les deux opérateurs historiques EDF et GDF est écarté par le gouvernement. À dire vrai, ce n’est pas réellement une surprise. Depuis longtemps, les spécialistes du secteur considèrent qu’une fusion de cette nature, après avoir été examinée par Bruxelles, entraînerait trop de contreparties. Le gouvernement a fini par souscrire à cette analyse (lire nos éditions du 27 juin). Quant à une alliance avec la Sonatrach, elle a toujours été accueillie chez GDF avec beaucoup de scepticisme. Et de toutes les façons, indique un proche du dossier, « il n’a jamais été question de faire entrer Sonatrach dans le capital de GDF. Cela n’a jamais été une alternative à la fusion avec Suez ».

Dès lors, de deux choses l’une : soit la fusion Suez-GDF l’emporte, soit les deux groupes poursuivent chacun leur route. Dans l’entourage des deux entreprises, la prudence reste de mise. Car nul ne semble savoir ce que veut réellement le président de la République. Certes, le projet est beau sur le papier, mais Nicolas Sarkozy ne veut surtout pas marcher dans les pas de Dominique de Villepin, qui avait annoncé en grande pompe les fiançailles le 25 février 2006. Du coup, les deux groupes et leurs banquiers s’arrachent les cheveux pour trouver un schéma qui ne mettrait pas en péril la fusion, mais qui présenterait le projet sous un nouveau jour.

Quelle parité retenir ?

Un exercice d’autant plus difficile qu’ils travaillent sous l’oeil tatillon de Bruxelles. La Commission a déjà prévenu hier qu’il faudra lui notifier à nouveau le dossier - qu’elle a approuvé en octobre dernier - si le projet était substantiellement modifié.

En attendant, outre le souci de l’habillage, il reste toujours à régler la question de la parité entre les deux groupes. Suez pèse 54 milliards d’euros en Bourse contre 37 milliards d’euros pour GDF. Il faut trouver les moyens de réduire cet écart.

Après la réunion de travail à l’Élysée, Christine La Garde s’est rendue au pavillon d’Ermenonville pour déjeuner avec les plus grands patrons de la place de Paris. Jean-François Cirelli, président de GDF, et Gérard Mestrallet, président de Suez et de Paris Europlace, étaient à sa table. Tous les participants ont épié le moindre signe de connivence entre les deux patrons. En vain.

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