Liste des auteurs

Article de Jean-Michel Bezat paru dans Le Monde du 22 septembre 2006

Suez : concessions en Belgique pour satisfaire Bruxelles

vendredi 22 septembre 2006 par Jean-Michel Bezat

Neelie Kroes, commissaire européenne à la concurrence, a désormais les réponses à ses "griefs" que lui ont adressées Suez et Gaz de France (GDF), mercredi 20 septembre, dans le cadre de leur projet de fusion. Fait exceptionnel pour une procédure généralement secrète, Bruxelles a autorisé les deux groupes à publier la liste de ces "remèdes".

Les dirigeants de GDF souhaitent ainsi montrer aux députés qui débattent actuellement de la privatisation du groupe gazier public, comme aux syndicats qui tentent de mobiliser les salariés et l’opinion, que les cessions d’actifs restent très limitées en France et n’entraînent aucun démantèlement.

C’est une étape importante que viennent de franchir GDF et Suez. Sauf exigences supplémentaires de groupes concurrents dans le cadre des "tests de marché" réalisés par la Commission, le document envoyé à Mme Kroes dessine le périmètre d’un groupe à dominante gazière compatible avec les règles de la concurrence. Il doit être définitivement approuvé par Bruxelles avant le 17 novembre.

Si les activités françaises de GDF sont peu touchées, celles de Suez en Belgique seront sensiblement réduites. "C’est là que se posent les vrais problèmes de concurrence", concédaient ses dirigeants. Suez y détient 62 % de Distrigaz et s’engage à créer une seconde société de distribution. Son portefeuille sera notamment constitué des clients industriels de Distrigaz en France et en Belgique, du transfert de ses contrats d’approvisionnement pour 50 TWh/an et de capacités transport et de stockage.

Ce "Distrigaz bis" sera ensuite vendu, mais dans le cadre d’un "échange", son acquéreur devant en retour céder des actifs gaziers ou électriques. Au total, l’entreprise née de la fusion GDF-Suez perdra environ des contrats pour l’équivalent de 55 TWh par an, soit 5 % du gaz commercialisé, auxquels s’ajoutera la vente aux enchères (gas release) de 55 TWh.

Autre point épineux pour Suez, sa filiale (57 %) Fluxys, codétenue par les communes belges regroupées dans la holding Publigaz et les acteurs du marché. Elle gère les gazoducs de transport, les capacités de stockage, l’énorme terminal gazier de Zeebrugge et des participations dans des gazoducs de transit international.

SATISFACTION DU PDG DE GDF

Fluxys sera scindée en trois sociétés. La première regroupera transport et stockage ; Suez y réduira sa participation au profit des collectivités locales belges, et n’y détiendra plus la majorité. La deuxième logera le terminal GNL de Zeebrugge et le transit international ; à l’inverse, Suez-GDF s’y renforcera pour y avoir la majorité. Une troisième société, indépendante du nouveau groupe, gérera toutes les infrastructures (transit, stockage...). En revanche, Suez n’a cédé aucun actif d’Electrabel, sa filiale qui possède les sept réacteurs nucléaires belges.

De son côté, GDF a fait trois propositions (Le Monde du 21 septembre) : vente de ses 25,5 % dans l’électricien belge SPE ; cession de ses réseaux de chaleur en France (55 millions d’euros de chiffre d’affaires et 40 salariés) ; filialisation des trois terminaux méthaniers appelés à recevoir de plus en plus de gaz naturel liquéfié.

"Aucun emploi de lamaison mère ne sera touché en France", se félicite Jean-François Cirelli, PDG de GDF. Un message à la gauche et aux syndicats, qui dénoncent dans la privatisation la première étape d’un "démantèlement" du groupe public.

Version imprimable de cet article Version imprimable

Forum de l'article

Aucune réaction pour le moment!
Répondre à cet article
 
Propulsé�par SPIP 1.9.2b | Suivre la vie du site  RSS 2.0 | Navigateur conseille Get Firefox! espace prive | Téléchargez le Squelette du site

CSS Valide !