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Article de FERYEL GADHOUM Publié dans le Figaro le 02 octobre 2006

Suez contraint de céder une part de son nucléaire en Belgique

lundi 2 octobre 2006 par Feryel Gadhoum
Dans le cadre de sa fusion avec GDF, le groupe est en passe de perdre son bras de fer avec le gouvernement belge.

SUEZ va devoir se séparer d’une partie de sa production nucléaire en Belgique. Malgré sa détermination, le groupe dirigé par Gérard Mestrallet n’a rien pu faire face à la volonté de Guy Verhofstadt. À une semaine des élections municipales belges, le premier ministre veut frapper fort. Et quoi de plus symbolique que les centrales nucléaires dont Suez a le monopole outre-Quiévrain.

Malgré les négociations de ce week-end, les modalités de cette séparation ainsi que le volume concerné - on parle de près de 900 mégawatts - n’ont pas été fixés. Des annonces sont attendues pour mercredi au plus tard. Il ne s’agirait néanmoins pas d’une cession pure. « Nous avons déjà des difficultés pour avoir un système de sécurité commun sur nos deux sites, alors il est hors de question d’avoir des concurrents sur une même centrale », prévient José Boulanger, représentant syndical chez Electrabel.

Surtout, Suez met un point d’honneur à récupérer en Europe ce qu’il cédera en Belgique. Il tient à des échanges d’actifs, non à des ventes. Et les prétendants ne manquent pas : E.ON en Allemagne, Enel en Italie, EDF en France, Centrica en Grande-Bretagne ou Iberdrola et Endesa en Espagne regardent de près le dossier.

Via Electrabel, Suez gère deux centrales, sept réacteurs nucléaires. Cela représente 6 000 mégawatts, soit un peu plus de 50 % des capacités électriques de Suez en Belgique. La cession d’une partie de cette production pourrait passer par une concession par laquelle Suez gérerait pour le compte d’autrui des installations. Il le fait déjà pour EDF, avec lequel il a échangé des tranches de nucléaire en Belgique contre des tranches d’atome en France.

Une « golden-share »Cette nouvelle est un coup dur pour Suez. Le groupe qui va fusionner avec GDF ne voulait rien céder sur le nucléaire qu’il a financé seul. Gérard Mestrallet avait résisté, l’année dernière, à Guy Verhofstadt. Ce dernier voulait profiter du rachat des minoritaires d’Electrabel par Suez pour ouvrir plus largement le marché à la concurrence. Sans succès.

Cette fois-ci, le premier ministre n’a pas laissé passer sa chance. Il veut pour la Belgique trois opérateurs dans le gaz et trois dans l’électricité, dotés de capacité nucléaire. Il a même obtenu plus de garantie encore. Jacques Chirac lui aurait promis une « golden-share » dans le nouvel ensemble GDF-Suez. Cette action spécifique donnerait au gouvernement belge les mêmes droits que l’État français, c’est-à-dire celui de s’opposer à toute décision stratégique qui irait à l’encontre des intérêts nationaux.

Une première. Le droit français ne prévoit en effet rien dans ce cas de figure pour un État étranger. Cette action spécifique s’ajouterait à celles déjà détenues par la Belgique dans Fluxys (infrastructures de gaz), Distrigaz (négoce de gaz) et Synatom, filiale de Suez qui regroupe les 4 milliards d’euros nécessaires au démantèlement des centrales nucléaires.

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