Liste des auteurs

article de Feryel Gadhoum et Frédéric de Monicault paru dans Le Figaro du 2 septembre 2006

Suez et GDF répondent à la Commission européenne

samedi 2 septembre 2006 par Frédéric de Monicault, Feryel Gadhoum
Les deux entreprises ont adressé hier à Bruxelles une « lettre d’observations », qui fait suite à la communication des griefs relatifs à leur projet de fusion.

OFFENSIVE, contre-offensive. Après avoir reçu, le 18 août, la « communication des griefs » de la Commission européenne, relative à leur projet de fusion, Suez et Gaz de France devaient adresser hier soir à Bruxelles une « lettre d’observations ». La procédure est balisée, elle permet aux opérateurs de faire valoir leurs arguments en faveur d’un rapprochement en l’état. Le texte de ce document a été approuvé à l’unanimité par le conseil d’administration moins trois voix (celles des administrateurs salariés CGT) lors d’une réunion extraordinaire hier. Ce conseil avait été convoqué en urgence, après que la cour d’appel a accédé à la demande de la CGT de le réunir.

Dans cette lettre, Suez et Gaz de France ne mentionnent donc aucune des contreparties qu’ils seraient prêts à consentir pour que leur fusion obtienne l’agrément de Bruxelles. En revanche, les deux entreprises contestent point par point les griefs de la Commission. Pour l’un des administrateurs salariés, ces griefs renforcent toutes les inquiétudes de la CGT vis-à-vis de la fusion « au sens où Gaz de France serait ni plus ni moins menacé de démantèlement ». Au passage, la CGT déplore que le conseil d’administration de GDF ne soit pas informé « des axes de la négociation avec Bruxelles ». Autrement dit, il n’a pas du tout été question hier, lors du conseil d’administration de GDF, des remèdes qui seront proposés plus tard. Pour le moment, les deux présidents de Suez et Gaz de France, Gérard Mestrallet et Jean-François Cirelli, campent sur leur position. Il y aura certes des cessions à la marge - notamment la participation dans l’opérateur belge SPE -, mais il n’est pas question, martèlent les deux présidents, de toucher aux infrastructures de stockage, de transport ou de distribution du gaz de part et d’autre de la frontière. Une attitude ferme, mais normale, alors que les négociations s’annoncent compliquées avec Bruxelles.

De son côté, Dominique de Villepin fait déjà montre de plus de souplesse. Lors d’une conférence de presse à Rome, le premier ministre a affirmé qu’après les objections de la Commission, « le dossier pourrait évoluer sur certains actifs, si Bruxelles estime que certains éléments ne sont pas compatibles avec les réglementations européennes ». « Tout cela sera fait dans un esprit d’ouverture et de grande collaboration », a-t-il ainsi indiqué.

Verdict de Bruxelles d’ici au 25 octobreLes négociations avec Bruxelles, tout au long des prochains jours, vont s’intensifier. Car même si les deux entreprises disposent en principe d’un délai fixé au 20 septembre pour transmettre la liste des concessions qu’ils seraient prêts à consentir, la Commission souhaite que ces contreparties lui soient transmises le 6 septembre. Sachant que Bruxelles donnera son verdict d’ici au 25 octobre. En attendant, la semaine prochaine s’annonce particulièrement animée avec le début du débat à l’Assemblée nationale. Compte tenu du nombre d’amendements déjà déposés par l’opposition, certains estiment que la loi ne pourra être adoptée qu’avec l’aide du 49-3.

Version imprimable de cet article Version imprimable

Forum de l'article

Aucune réaction pour le moment!
Répondre à cet article
 
Propulsé�par SPIP 1.9.2b | Suivre la vie du site  RSS 2.0 | Navigateur conseille Get Firefox! espace prive | Téléchargez le Squelette du site

CSS Valide !