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Un article de Nicolas CORI paru dans Libération le 10 mars 2006

Suez, la « créatrice de valeur », craint l’offensive d’Enel

vendredi 10 mars 2006 par Nicolas Cori
Malgré une progression en Bourse de 125 % en dix ans, le groupe français n’est toujours pas à l’abri d’une OPA.

Savez-vous qui, ces dix dernières années, dans les métiers des utilities (services aux collectivités), a été le plus gros « créateur de valeur », en faisant progresser son cours de Bourse de 125 % ? C’est Suez . Et qui a réalisé, en 2005, avec le rachat de la totalité du capital du belge Electrabel, une transaction « créatrice de valeur » ? Encore Suez. Et qui s’apprête à réaliser une opération « créatrice de valeur » en fusionnant avec Gaz de France ? Suez, toujours. A l’écoute de Gérard Mestrallet, PDG de Suez, qui présentait hier les résultats de son groupe, on avait compris le message. « De la valeur, nous en avons assuré pour nos actionnaires. Et nous allons continuer à en délivrer », a-t-il martelé.

Cette obsession quant à la « valeur » ­ matérielle, naturellement ! ­ est symptomatique de la peur qu’a Mestrallet de voir ses actionnaires séduits par une éventuelle contre-offre d’Enel . Même si l’italien préfère temporiser ­ il a annoncé hier soir qu’il attendait une « clarification du cadre institutionnel européen » ­, tout indique qu’il est prêt financièrement à lancer son offensive. Et si Suez est aujourd’hui un groupe rentable (2,5 milliards d’euros de bénéfices en 2005) ­ situation qui devrait s’améliorer après son mariage prévu avec GDF, autre groupe bénéficiaire ­, la fusion devrait se faire à un prix désavantageux pour les actionnaires de Suez : l’offre ne prévoit aucune prime, une hérésie dans le monde financier. Alors qu’Enel serait prêt à offrir une prime de 10 % sur les cours actuels de Suez.

Face à cette menace, Mestrallet a tenté de justifier les parités choisies : évaluées par des banques d’affaires « indépendantes », elles ont été approuvées par les conseils d’administration des deux sociétés. Le patron de Suez a réaffirmé tout le bien qu’il pensait de la fusion avec GDF, « rêvée depuis des années », faite de manière « amicale » et qui nécessitera des « rectifications de frontières » liées à des problèmes de concurrence. Mais rien à voir avec le « projet » d’Enel, qui « veut racheter Suez pour récupérer Electrabel », de toute façon « pas à vendre ». Mais pour ne pas insulter l’avenir, Mestrallet a ajouté que, si Enel lançait une offre, le conseil de Suez « l’examinerait » et que, de toute façon, il était « ouvert à tout partenariat ».

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