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La Tribune - édition électronique du 09/08/05

Suez rachète les minoritaires d’Electrabel pour 410 euros par action

mardi 9 août 2005
Le géant des services à l’environnement, qui détient la moitié de l’électricien belge Electrabel, lance une opération de rachat des minoritaires du groupe pour une valorisation globale de 410 euros par action, soit 11,2 milliards d’euros pour les minoritaires du groupe. L’offre se fait en numéraire et en titres. Suez financera une partie de l’opération par le biais d’une augmentation de capital de l’ordre de 2,5 milliards d’euros.

Suez a enfin passé le pas concernant sa position dans le capital de sa filiale Electrabel. Comme le préssentaient certains courtiers ce matin, le groupe dirigé par Gérard Mestrallet a lancé le rachat des intérêts minoritaires (49,92%) de sa filiale belge d’électricité, dont il possède déjà 50,08%. Suez va proposer 322 euros en numéraire et quatre actions Suez par action Electrabel.

L’offre valorise ainsi à 410 euros par action le groupe Electrabel, ce qui représente une valorisation de 11,2 milliards d’euros pour le solde du capital d’Electrabel. L’opération représente une faible prime de 5,2% par rapport au cours du 8 août d’Electrabel, à 389,60 euros. Mais par rapport au cours de référence du 22 juillet 2005, la prime est de 14,8%.

Le financement de l’opération se fera par augmentation de capital "de l’ordre de 2,5 milliards d’euros qui pourrait intervenir dans un délai de 12 mois en fonction des conditions de marché", selon Suez.

"Cette opération, qui s’inscrit dans le cadre de la création d’une société européenne, va permettre de créer un puissant leader européen franco-belge dans l’énergie et l’environnement doté d’atouts compétitifs considérables sur des secteurs d’activités prometteurs et en croissance", a lancé Gérard Mestrallet dans un communiqué. "Le nouvel ensemble, par la qualité de ses équipes belges, françaises et internationales, de ses savoir-faire, et par sa solidité financière, sera idéalement positionné pour répondre aux besoins européens fortement croissants en matière d’énergie et d’environnement. Nous sommes convaincus de la création de valeur qui en résultera pour le groupe, pour ses actionnaires et pour les intérêts européens dans les secteurs de l’énergie et de l’environnement", a ajouté le PDG de Suez.

D’après Suez, l’opération permettra "la mise en oeuvre de synergies complémentaires à hauteur de 350 millions d’euros avant impôts par an en vitesse de croisière, se répartissant entre 250 millions d’euros de synergies opérationnelles et 100 millions d’euros de synergies financières et fiscales".

Les synergies entre les deux groupes se mettront en place à 100% en 2008, mais seront réalisées pour un tiers au 31 décembre 2006 et pour un deuxième tiers au 31 décembre 2007. L’opération devrait avoir un impact positif sur le bénéfice par action de Suez. En 2007, le bénéfice par action sera gonflé de 7% et de l’ordre de 15% en 2008. Par ailleurs, le conseil d’administration de Suez a d’ores et déjà voté l’augmentation de 10% du dividende au titre de l’exercice 2005.

En opérant ce rachat des minoritaires d’Electrabel, Suez met ainsi fin à un long débat entamé à la fin de l’année 2004 sur l’évolution de ses structures. Sa participation dans sa filiale belge faisait l’objet de nombreuses critiques.

A commencer par le fonds d’investissements américain Knight Vinke, pourtant actionnaire de Suez à seulement 0,3%. Il réclame depuis décembre dernier une scission des activités énergie et environnement de Suez. De l’autre côté, le président de Suez Gérard Mestrallet souhaitait conserver la structure de son groupe avec ses deux pôles. Il est soutenu par un autre actionnaire de Suez, le financier Albert Frère qui est le premier actionnaire du groupe avec 7,1% du capital.

L’homme d’affaires belge s’opposait à la scission désirée par Knight Vinke. Toutefois, il estimait que la question du rachat des minoritaires d’Electrabel "pouvait être posée" alors que Suez s’était recentré sur ses activités stratégiques. Plusieurs analystes pensent qu’une telle opération clarifie la stratégie du groupe qui profite grandement de l’activité de sa filiale belge.

En effet, Electrabel a généré 35% du chiffre d’affaires de Suez en 2004. La filiale constitue le point central de la division l’électricité de Suez. Le groupe peut d’ailleurs s’appuyer sur Electrabel pour se développer en Europe. Lors des résultats annuels 2004, le groupe souhaite accroître de 75% ses ventes hors Belgique d’ici à 2009.

En Bourse, à la reprise de cotation à 15 heures, le titre Electrabel bondit de 7% et celui de Suez flambe de 7,14%.

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