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Un article de Alexandra SCHWARTZBROD paru dans Libération le 30 août 2005

Tempête sur le baril

mardi 30 août 2005 par Alexandra SCHWARTZBROD
L’ouragan Katrina a propulsé le cours au-dessus des 70 dollars sur les marchés asiatiques.

Depuis plusieurs jours, le cours du pétrole s’approchait dangereusement de la barre symbolique des 70 dollars le baril. Il a suffi d’un énorme coup de vent sur les Etats-Unis pour qu’il s’envole dans la nuit de dimanche à lundi, passant un moment à 70,80 dollars (58 euros) le baril dans les échanges électroniques en Asie, plongeant les opérateurs dans une ambiance « de folie » et relevant d’un cran le niveau d’angoisse du consommateur de carburants. Hier soir, il a clôturé à New York à 67,20 dollars, soit une hausse de 1,07 dollar par rapport à la veille.

Pure fiction. Sur un marché déjà tendu, l’ouragan Katrina ­ un des plus puissants à avoir frappé les Etats-Unis (lire p. 10) ­ avait tout pour faire des dégâts : le golfe du Mexique abrite un quart des raffineries et plates-formes d’extraction américaines. Dimanche, George Bush y déclarait l’état d’urgence. Une vingtaine de puits pétroliers étaient évacués, et sept raffineries fermées. Les experts gardent en mémoire le passage du cyclone Ivan qui, l’an dernier, avait gravement endommagé la zone, empêchant la production de 45 millions de barils sur six mois.

Même s’il s’est avéré au final moins dévastateur que prévu, Katrina pourrait avoir sur les marchés les mêmes conséquences à moyen terme qu’Ivan. La situation a été jugée assez grave par le gouvernement de Washington pour que celui-ci n’exclût pas de puiser dans ses réserves stratégiques de pétrole. Le seuil de 70 dollars franchi, la hausse va-t-elle s’arrêter ? A en croire les analystes, les 80 dollars sont en vue et les 100 dollars ­ scénario jugé de pure fiction il y a peu ­ envisagés.

L’équation offre/demande est en effet impossible à résoudre à court terme, en raison d’un manque d’investissements ces dernières années dans le secteur du raffinage. Mais aussi, et surtout, d’un véritable boum de la consommation de pétrole, notamment dans les pays à forte croissance que sont les Etats-Unis, la Chine et l’Inde. L’Agence internationale de l’énergie (AIE) prévoit une hausse de 2 % de la demande mondiale d’or noir en 2005 et de 2,1 % en 2006 ! Un hiver glacial dans l’hémisphère Nord et le baril flambe.

Electrochoc. Les pays consommateurs sont-ils prêts à affronter ce « troisième choc pétrolier » ? Apparemment, non, mais il pourrait provoquer un « électrochoc » salutaire qui pousserait les Occidentaux à trouver des alternatives moins coûteuses, pour leur porte-monnaie comme pour l’environnement. Témoin, le débat ouvert en France sur l’hypothèse d’une réduction à 115 km/h de la vitesse sur les autoroutes (lire en p. 5), voire sur l’idée de brider les moteurs de voitures...££

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