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Un article de Pierre-Henri Lab paru dans l’Humanité du 18 février 2005

« Tout va très bien » pour les actionnaires

vendredi 18 février 2005 par Pierre-Henri Lab

Le 10 février dernier, à l’occasion de la publication des comptes de son groupe, le PDG de France Télécom, Thierry Breton, a affiché sa satisfaction. Tous les indicateurs financiers sont au vert. Le chiffre d’affaires, qui s’établit à plus de 47 milliards d’euros, a progressé de 4,1 %. La marge d’exploitation a progressé de 1,7 % tandis que le résultat d’exploitation a fait un bond de 9,2 %. Dans le même temps, le désendettement du groupe s’est poursuivi. Entre 2002 et 2004, la dette est passée de 72,2 milliards à 43,9 milliards d’euros. « Tout va très bien », affirme la direction.

Ce n’est pas l’avis de la CGT, qui estime que si tout va très bien pour les actionnaires, pour les salariés c’est plutôt la soupe à la misère. Le syndicat, majoritaire à France Télécom, note que « les actionnaires vont percevoir un dividende de 1,1 milliard d’euros », soit 0,48 euro par action, contre 0,25 euro en 2003, alors que la direction ne propose aux salariés qu’une « très aléatoire augmentation de la participation et un intéressement qui n’augmenterait que de 20 euros en moyenne et rien pour les salaires ». Une absence de redistribution d’autant plus scandaleuse, selon la CGT, que les bons résultats annoncés par le groupe sont le fruit de « l’exploitation des salariés ». Le syndicat estime que la direction n’a de cesse de « diminuer la part de l’emploi et des salaires dans la valeur ajoutée produite et ce au bénéfice des exigences des marchés financiers ». Ainsi le syndicat souligne que la progression de 7,4 % du résultat d’exploitation avant amortissement s’explique essentiellement par une réduction des charges en particulier en matière de frais de personnel. Ceux-ci sont passés entre 2002 et 2004 de 10,03 milliards à 8,8 milliards d’euros. Une baisse qui s’explique par « celle drastique des emplois [de 70 000 à 35 000 en quelques années] ».

De ce point de vue, l’année 2005 s’engage sous les mêmes auspices. La direction a en effet prévu de supprimer 8 000 nouveaux emplois dont 6 850 en France. La pression sur les salariés devrait se traduire également par un accroissement de la précarité. Ainsi, selon la CGT, « sur 3 000 recrutements, 1 800 sont prévus en CDI à temps partiel imposé de neuf à douze heures par semaine ».

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